Dimanche 20 mai 2007
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J'inaugure par ce billet une nouvelle catégorie, InQuarto.
Cette catégorie est destinée à présenter des amusements littéraires à 4 mains qui ont été initiés par Ekwerkwe dans son nid.
Le principe est le suivant, elle a choisi quelques complices pour s'amuser avec elle. En se basant sur des extraits de livre, nous lui proposons, des dessins, d'autres extraits de livres, des créations littéraires.... selon nos envies.
Avec son autorisation, cette catégorie va présenter dans un futur proche mes contributions. J'ajouterai à chaque fois un lien vers le billet originel sur lequel vous pourrez retrouver la contribution des autres participants.
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Samedi 26 mai 2007
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10:58
Voici le premier extrait proposé par Ekwerkwe afin de faire pousser des ailes à notre inspiration :
"Nico se mit à courir; il grimpa le long d'un petit sentier très raide. Doris le suivait avec peine, le sac sur l'épaule, son transistor à la main. Un plateau qui baignait en plein ciel. Il y avait de l'herbe, des buissons, de grandes taches d'ombre et de lumière. Et des ruines. Elles pointaint au milieu de l'herbe, rugueuses et effondrées, pareilles à des sphynx prémonitoires. La vallée s'étendait en bas devant eux, toute en vignobles et oliveraies, lointaine, profonde, immense. Et le profil de Nico se découpait au bord de l'abîme, sur le fond des collines bleuâtres.
Doris poussa un grand cri. Sans autre raison que de se prouver à elle-même qu'elle était bien vivante; pour aussi retrouver le temps qui s'était arrêté; pour ne point mourir sur l'heure, anéantie, dans la grandiose beauté du paysage."
Extrait de "Trente-sept degrés centigrades" ("Trentasette centigradi"), de Lino Aldani
Dans Le livre d'or de la science-fiction italienne (Presses Pocket).
Et voici les dessins que j'ai alors préparé :
Pour voir comment je les ai présenté et voir les autres contributions je vous invite à cliquer ici.
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Mardi 5 juin 2007
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2007
11:10
Voici donc le deuxième texte offert à nos envies par Ekwerkwe :
Dieu était femme
"Dieu était une femme. Ainsi se confirmait une intuition qu'il n'avait jamais, avec sa mentalité rationnelle, logique, pragmatique, osé s'avouer à lui-même. Dieu était grimpé sur une branche d'arbre et lui dit cérémonieusement :
- Je vais te donner une armée de petites fourmis, Iguane jaune, pour que tu retournes avec elles te battre. Des petites fourmis couleur café.
- Vous me donnerez ce que vous voudrez, mais je n'y retournerai pas, entre autres parce que je ne crois pas en Dieu, dit Tomàs Wong qui se rendit brusquement compte qu'il avait mal partour, c'est-à-dire que Dieu avait décidé de le faire revivre.
La résurrection était une gigantesque saloperie.
Il décida de dormir, il n'avait pas la force de penser à des choses aussi compliquées. Alors qu'il redescendait vers le sommeil, il se mit à dresser une liste de questions qu'il voulait poser à Dieu: Les anges ont-ils des ailes? Boit-on de la bière au ciel? Pourquoi les juifs de Palestine ont-ils été le peuple élu plutôt que les Zoulous ou les Cubains? Dieu est-il athé? Connaissant le caractère des Romains, pourquoi a-t-il permis que le siège de son culte catholique se trouve au Vatican? Etait-il vraiment, vraiment opposé au divorce? S'il aimait autant les Mexicains, pourquoi leur avait-il enlevé ce qui allait devenir Hollywood pendant la guerre de 1847 ? La rumeur que saint Pierre touchait des pots-de-vin pour laisser entrer au paradis était-elle fondée?
Tomàs s'endormit avec un sourire moqueur, ce qui fut interprété par ce Dieu féminin comme un signe favorable, à tel point qu'elle se permit de descendre de la branche de l'arbre, tranquille, calme, divine. "
Extrait de "Nous revenons comme des ombres", Paco Ingnacio Taibo II
Et voici ma contribution pour ce texte :
C'est un mélange d'une carte postale, un détail d'une peinture de "La naissance de Vénus" de Sandro Boticelli (vers 1484/86) ; d'une pochette de disque "Rush" de Jay Jay Johanson ; d'une autre carte postale provenant des Etats Unis représentant une plage dans le brouillard (Second Beach in Olympic National Park - Ross Hamilton photography) ; d'un collage d'iguane découpé dans un papier jaune ; et d'un dessin au crayon gris. Après, c'est le scanner et un logiciel de retouche d'image qui ont travaillé.
Pour voir l'image en plus grand, savoir comment je l'ai présenté au final et pour voir les autres contributions sur ce texte, c'est ici que ça se passe.
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Samedi 16 juin 2007
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14:18
Voici le troisième extrait que nous a proposé Ekwerkwe :
"Et lorsqu'il n'y eut plus personne dans la maison, que Quoyle fut parti, la théière ébouillantée et rangée sur la tablette, le sol passé à la serpilliière, elle alla suspendre la couverture humide de Quoyle, et rentrer la lessive oubliée de la veille, trempée. Malgré la douceur de septembre, la tempête qui avait emporté Jesson faisait toujours rage autour d'elle. Elle cligna des yeux pour se protéger de la lumière aveuglante; les doigts raidis, elle tira sur les jambes du pantalon de Jack, gratta la fourrure de givre qui recouvrait la blouse bleue. Puis rentra plier et repasser, mais sans jamais cesser d'entendre le crissement de la banquise au-delà du cap, les grands icebergs qui s'effondraient, des pans de glace dressés à des dizaines de mètres de hauteur sous la lune blanche, et craquant, se fendant en deux." Extrait de "Noeuds et dénouement" d'Annie Proulx.
Ma contribution consiste à faire un dessin. Le voici en deux parties et dans une version un peu différente, car photographié et non scanné :
Pour découvrir, entre autres, le texte proposé par Stellasabbat, vous pouvez vous rendre ici.
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Samedi 23 juin 2007
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14:33
Et c'est ainsi qu'entre en scène le 4ème extrait proposé par Ekwerkwe afin que nous lui proposions des petites choses pour l'illustrer au gré de nos envies.
"Dans ce placard, dans cette salle en ruines au fond de l'université, à ne rien faire, je décidais de faire carrière dans le cobaye, ça payait bien, je pouvais tenter les cosmétiques, voire les maladies tropicales. Tout mais pas rentrer dans le monde du travail. Je voulais bien être adulte, mais travailleur, non, ça jamais. Un été, mes parents ont voulu me faire travailler comme clerc dans une banque, pur piston. J'ai tenu trois jours. Je n'avais jamais passé autant d'heures par jour à faire quelque chose, la même tâche, encore et encore, l'odeur des classeurs, les repas en cafétéria, les bureaux éclairés en pleine journée, non, ce n'était pas pour moi. Je suis parti en les insultant, ces costumes cravates, affolés par ma sauvagerie et mes larmes, moi, prostré dans un couloir, incapable de les regarder plus longtemps. Je voulais continuer mes études pour toujours, rester comme j'étais, avec les filles, et les spirales au bout de mes doigts, que je faisais tourner que la piste du dancing. Aucun salaire ne mérite travail."
Extrait de "Instruction au sosie" de David Calvo in Fiction tome 4, automne 2006.
Cet extrait m'a conduit à faire ce dessin :
Pour découvrir les autres contributions, c'est ici.
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