Dimanche 12 février 2012
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Le monde du bout du monde - Luis Sepulveda
Né au Chili, c'est un retour aux sources que vit ce journaliste indépendant lorsqu'il embarque dans un avion à Hambourg pour aller au Chili. Il est investi d'une mission écologique, pour énquèter
sur un navire japonais qui sillonne les mers du Sud, chassant des baleines, alors que leur pêche est interdite.
Depuis son enfance, suite à la lecture de Moby Dick, cet homme a une grande admiration pour les cétacés. Il a ainsi tout fait pour les cotoyer alors qu'il n'avait que 16 ans.
C'est donc pour lui un voyage très important à plusieurs niveaux.
Sur place, il va de nouveau avoir l'occasion de sillonner les mers et de s'approcher des baleines.
Plus habituée à lire des romans de Luis Sepulvda aux échos de contes et de légendes de l'Amérique du Sud, j'ai d'abord attendu le moment où le récit bifurquerait. J'ai donc été surprise de
découvrir que ce roman est profondément ancré dans le réel, et qu'il est même dénonciateur et militant.
Une fois emportée dans les récits de voyage du journaliste, j'ai vite retrouvé le talent de conteur de l'auteur et vite oublié cette surprise première.
Par InFolio
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Samedi 6 novembre 2010
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07:31
Le village de Mandigua est situé en bordure de la forêt équatoriale. Il est à l'orée de la jungle et celle-ci a une grande influence sur la vie des habitants de Mandigua. Ils travaillent
majoritairement dans les plantations qui s'étendent dans les vallées.
Mais certains d'entre eux ont reçu un don qui leur permet de perpétuer une tradition ancestrale. Eux seuls ne craignent pas la jungle, eux seuls y pénètrent : ce sont les chasseurs de
serpents.
Quand ils tuent un serpent, c'est en hommage au grand serpent noir originel, le Sirtanõ. Selon la légende, l'homme serait né de sa gueule.
Julian est l'un des chasseurs du village. Il semble posséder un don très puissant.
Au village, il y a également Estrella. Son père, veuf, l'a longtemps gardée cachée chez lui pour repousser le jour où on la demanderait en mariage. De nombreux jeunes hommes la convoitent rien
que entendant parler de sa beauté, mais sans l'avoir jamais vue.
Mais son père finit par céder et la laisse sortir, c'est ainsi que Julian a l'occasion de la rencontrer. Et elle est effectivement très belle.
Or, les chasseurs de serpents n'ont pas le droit d'être amoureux. Pour le malheur du village, le Sirtanõ se venge.
C'est un livre à lire comme un conte. Ce beau récit offre un grand dépaysement, un bond dans une autre culture, avec son mode de vie et ses traditions.
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Mercredi 15 octobre 2008
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Ce livre comporte trois parties. Toutes se déroulent en Espagne à Obaba ou dans les environs.
Enfances regroupe plusieurs textes ayant Obaba pour décor.
Le premier est à propos d'un personnage écrivant un souvenir dans un cahier. Le deuxième a pour personnage une institutrice enseignant à Obaba. Ces deux textes s'appuient sur ce qu'écrivent les
deux personnes, l'un dans son journal, l'autre par sa correspondance.
Les deux textes suivants se répondent. Ils expliquent pourquoi deux personnes différentes aimeraient bien se promener tous les soirs.
Neuf mots en l'honneur du village de Villademania reprend les neuf souvenirs distincts se rapportant à la Villademania.
A la recherche du dernier mot est là encore un récit mélangeant souvenirs récents et souvenirs du passé. S'y ajoutent des contes. L'auteur nous promène ainsi entre le récit principal
et des contes annexes. Il nous parle pour nous signaler qu'il va interrompre le récit, comme un conteur le ferait.
Ce livre se lit comme un livre de nouvelles, histoire par histoire. Certaines sont surprenantes, d'autres nostalgiques.
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Mercredi 20 février 2008
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09:00
Je ne résiste pas à l'envie de vous donner un second extrait de ce livre. Il y parle de l'amour
et la délectation avec laquelle un vieil homme lit des romans d'amour en pleine forêt équatoriale.
"Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les dégustait, et, quand il avait maitrisé le mot entier, il le répétait d'un
trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées que contenaient ls pages.
Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu'il l'estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait être
beau."
Par InFolio
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Vendredi 8 février 2008
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08:34
Avec un titre pareil, ce roman parle forcément de livres. Et il en parle ! Il parle de la manière originale dont des livres arrivent à un viel homme en pleine forêt
amazonnienne.
"- [...] je t'ai apporté deux livres.
Les yeux du vieux s'allumèrent.
- D'amour ?
Antonio José Bolivar Proaño lisait des romans d'amour et le dentiste le ravitaillait en livres à chacun de ses passages.
- Ils sont tristes ? demandait le vieux ?
- A pleurer, certifiait le dentiste.
- Avec des gens qui s'aiment pour de bon ?
- Comme personne ne s'est jamais aimé.
- Et qui souffrent beaucoup ?
- J'ai bien cru que je ne pourrais pas le supporter.
A vrai dire, le docteur Rubicondo Loachamin ne lisait pas les romans.
Quand le vieux lui avait demandé de lui rendre ce service, en lui indiquant clairement ses préférences pour les souffrances, les amours désespérées et les fins
heureuses, le dentiste avait senti que la tâche serait rude. "
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