A cette époque, ce n'était pas bien grave, il n'y avait pas encore de grippe aviaire. Maintenant, c'est quand même plus prudent de se prendre pour un livre :)
Après cette découverte, je n'ai pas lâché le morceau. Il fallait absolument que je trouve qui avait pu commettre une telle chose! J’ai donc décidé d’aller interroger la faune des bois qui voudrait bien se laisser approcher...
Pour trouver cette faune, j'ai d'abord songé à aller du coté des orchidées. Les Orchis à longues bractées qui peuplent actuellement nos forêts et sentent si bon, me semblent un terrain favorable pour trouver des êtres vivants.
Ma première rencontre me laissa perplexe... Ce petit bonhomme ne m'a pas dit un mot...
Ma deuxième rencontre, ne fut pas plus fructueuse. Je me suis fait tirer la langue!!
La troisième rencontre fut avec de charmantes petites travailleuses. Mais elles s'enfuirent toutes au fond d'un trou avant que je ne puisse leur poser la moindre question.
Plus loin, j'ai rencontré celle-ci, plus petite, plus jeune et cependant plus téméraire... ou peut être est ce parce que le trou pour se cacher sous terre était trop loin qu'elle s'est résigné à me faire face. Quoique, elle se cachait quand même bien derrière sa feuille...
Je l'ai vite rassurée, en lui disant que je ne lui voulais aucun mal. Ce n'est pas la peine qu'elle gâche ses maigres réserves d'acide pour moi!! De sa petite voix tremblante elle m'a dit qu'elle n'avait pas vu grand monde dans sa courte existence. Aujourd'hui c'est sa première sortie hors de la fourmilière depuis sa naissance. Elle ne peut pas m'aider...
Plus loin, une autre, ne fut pas beaucoup plus prolixe... L'endroit dont je lui parle est si loin de cette fleur dont elle est venue boire le nectar...
Toujours le nez dans les orchidées, voici ce que j'ai entraperçu : mais je ne me suis pas attardé. Cette étreinte semblait augurer une autre plus intime.
J'ai ensuite aperçu un mouvement, mais trop tard.
'Hé, ne vous enfuyez pas comme ça, je voudrais vous poser une question'. Peine perdue!
J’ai alors pris un peu de repos pour réfléchir... Je ne lâche pas le morceau aussi facilement!!
Où pourrais-je trouver des animaux pour me renseigner? J'ai déjà écumé plusieurs orchidées sans grand succès. Le nez en l'air la tête pleine de pensées discordantes, alors que je prenais du repos pour réfléchir, je vois ceci:
Lui a peut être vu quelque chose... Si haut, là haut... Mais trop haut, là haut. J'ai beau m'égosiller, il ne m'entend pas. Mon coté oiseau ne m'aide malheureusement pas dans cette situation. Mes ailes ne savent pas me porter si haut.
J'entrevois alors une bestiole sur une fleur, juste à proximité de l'endroit où je me repose.
Elle semble fort occupée et met quelques instants avant de daigner me répondre: "Va donc voir les cochons dans leur baignoire!!" Ce message quelque peu sibyllin mit ma réflexion à rude épreuve. 'C'est dans quelle direction?' lui demandais-je alors pour ne pas avoir l'air trop bête à ne pas comprendre. "Soleil dans le dos et avance!!"
J'ai alors vu cette chose étrange:
Je l'avais déja vue le même jour que celui où j'avais découvert le canard Cela m'a un peu effrayé, mais j'ai poursuivi ma route, selon les indications de cette bestiole.
C'est ainsi que j'ai trouvé ceci:
La baignoire aux cochons!!!! La souille des sangliers, en fait... mais point de sanglier à l'horizon...
Un petit arrêt pour réfléchir à nouveau était donc nécessaire.
Il me fallait retourner près des fleurs. C’est là que j’avais le plus de chance de voir des petits animaux.
Mais il a l'air bien endormi, j'ai donc passé mon chemin.
Mais ça m'a semblé bien vide cette mue... Puis, j'ai croisé cette dame :
Mais je ne l’ai pas interrogé celle là ! Je connais ses manières fort peu civilisées de mante religieuse! Elle m’aurait réclamé rançon sous forme d’un insecte en échange des renseignements même si elle n’avait rien à me dire. Et pis, elle aurait été capable d’essayer de me dévorer !! Je suis bien plus grosse qu’elle, je n’ai rien à en craindre, mais il n’est pas question que je lui donne le moindre vermisseau ! Je poursuis mon vol, et j’aperçois sur une aphyllante de montpellier une petite bébête :
Mais elle bondit très vite hors de ma vue ! Hé ! n’aies pas peur, je ne veux pas t’attraper pour te donner à la mante religieuse !
Avec ma tête d’oiseau dépité, j'ai alors repris ma prospection auprès des orchidées. C'est fou le nombre de bestioles en tout genre que l'on peut y voir!
Mais elle s’est aussi enfuie à ma vue. Ah ! oui, vite, je retire mon masque d’oiseau dépité.
Par la suite, j'ai croisé celle ci:
Quand je l'ai interrogée, elle me dit qu'elle avait croisé une collègue, il y a peu, qui lui a raconté une histoire à propos d’une mouche qu’elle aurait prise, dans sa toile. Cette mouche lui a raconté une histoire étrange parlant d’un canard. Mais elle ne pu m’en dire plus, mis à part que cette autre araignée se trouvait en ce moment sur le chardon juste à coté.
En effet :
Elle me confirme ce que vient de me raconter sa collègue. Il est effectivement question d’un canard dans l’histoire que lui a raconté cette mouche bien en chair pour essayer de sauver sa tête. Mais, la mouche était trop dodue, et elle a été embaumée et piquée malgré tout. Il est un peu tard pour que je l’interroge…
Mais, la mouche lui a dit aussi qu’elle tenait l’histoire d’un papillon !
Un papillon, que je suis bête! Ce sont des amis, car comme moi, ils volettent au gré des vents, au ras du sol. J'aurais pu penser à eux avant. Je sais qu'ils aiment bien prendre se soleil dans une clairière non loin de là.
J'en interroge quelques uns, et tous me disent de trouver le grand roux! Grand roux! Tu parles! Nombreux sont les papillons roux! Enfin, sur un cailloux, je le trouve:
Il me salue alors 'salutations à toi homme-oiseau' (ça connait des grands mots les papillons... pendant qu'ils sont chenilles puis chrysalides, ils ont le temps de potasser... Observateur et perspicace en plus. Il a bien remarqué que j'avais le dédoublement de personnalité humain-oiseau).
La politesse est très importante chez les papillons, je lui retourne donc son salut: 'Ô noble papillon aux ailes chatoyantes, je te salue.' Je continue ainsi: 'Tous les animaux de la forêt (ils aiment bien la flatterie aussi) m'ont vanté ton savoir. Certains m'ont dit que tu pourrais m'aider. Pourrais tu me renseigner sur ce canard que j'ai trouvé ce lundi de Pâques 2005? Saurais tu qui en est le responsable? '
'Je ne sais pas qui est responsable dans le mesure où je ne peux pas te donner de nom, mais par contre, ma chrysalide était suspendue non loin de l'endroit où tu as trouvé le canard.' Par une petite ouverture, le papillon m'avoue avoir vu le responsable: 'C'était un grand bipède comme toi, déguisé couleur feuillage, avec un drôle de bâton' me dit-il.
Il a voleté et m'a alors conduit tout près de l'endroit où repose le canard et m'a montré un indice essentiel que je n'avais pas remarqué lors de ma découverte
Je savais maintenant que c'était l'un de mes congénères bipède qui avait commis une telle chose... j'en suis devenue verte
Un petit détail me tracassait cependant encore: Consciente de la grande intelligence des papillons, je lui ai demandé s'il savait ce qu'était cette forme grise qui avait tendance à me suivre, à apparaître et disparaître. Dans sa grande sagesse, il m'a dit de tourner le dos au soleil et de regarder mes pieds... Un instant interloquée, je me suis cependant vite exécutée ... et alors j'ai compris pourquoi les fourmis avaient eu si peur... Devant ma surprise, le papillon me rassure, je ne suis pas atteinte de triplement de personnalité.
THE END!
InTheComm'