Octobre 2005.
L'histoire se déroule en Allemagne au 19è siècle alors qu'elle est occupée par les français.
Les frères Grimm sont deux : William le séducteur a les pieds sur terre, et Jacob le rêveur est passionné de contes. Cette différence les animes depuis leur enfance: Jacob croyait à l'existence de haricots magiques.
Mais ce n'est pas un film sur la vraie vie des frères Grimm, mais une projection des deux frères dans l'univers des contes (Cela me fait penser à mécompte de fées, le livre de T. Pratchett: à la fois conte et parodie).
Devenus adultes, ils sont accueillis les bras ouverts dans les villes et les villages car leur réputation les précède: ils combattent et détruisent les démons et sorcières... moyennant finance. Ils ne craignent en réalité pas grand chose car ces esprits maléfiques sont issus du folklore... et ce d'autant plus qu'en fait, ils se jouent de la crédulité des habitants en mettant en scène des combats contre des pantins animés par deux complices, et en utilisant d'ingénieux trucages.
Cependant, à chaque étape, Jacob note frénétiquement les récits des contes et légendes liés à l'esprit qu'ils doivent combattre.
Mais leur réputation arrive aux oreilles d'un militaire français qui fait alors enlever les deux frères et leurs complices pour les obliger à se mettre à son service s'ils ne veulent pas être executés... Mais cette fois, ce n'est pas pour aller faire une démonstration de farces et attrapes: il s'agit de découvrir pourquoi plusieurs petites filles du village de Marbaden ont disparu (sparu) mystérieusement dans la forêt voisine.
Dans leurs efforts pour comprendre ce qu'il se passe, ils sont aidés par la belle Angelika qui devient leur guide dans la forêt et dans cette univers de conte où une léchouille à un crapaud permet de retrouver son chemin. Il y a aussi le pseudo-méchant italien au QI d'huitre et à la solde des français qui est chargé de surveiller les deux frères.
Ce que j'ai aimé le plus, ce sont tous les clins d'oeils, les références, les parodies évidentes... Tout le film est en effet saupoudré de références à des contes (Hansel et Gretel, Le petit chaperon rouge, Blanche neige, Cendrillon...) et à des films (la légende du cavalier sans tête, le seigneur des anneaux, les oiseaux, orange mécanique...):
1/ La forêt de Marbaden qui a des pouvoirs est à associer à l'arbre ensanglanté d'où émergent le cheval et son cavalier dans la légende du cavalier sans tête. Dans ce même film, Johnny Depp est dans la peau d'un scientifique confronté au surnaturel et qui commence par rejeter cette éventualité, tandis qu'ici, ils sont face à des phénomènes auxquels au moins un des deux ne veut pas croire. De plus dans les deux cas, on a des anti-héros car ils ne font pas franchement preuve d'un grand courage.
2/ Coté parodie, Angelika est là pour stigmatiser les héroines féminines pulpeuses et athlétiques dont le héros tombe inévitablement amoureux. Ce n'est pas sans rappeler la fille dans Van Helsing... elles ont un autre point commun que je vous laisse découvrir. La parodie toujours pour deux scènes qui ridiculisent les films avec la musique romantique qui va bien quand deux personnes roucoulent les yeux dans les yeux ou la musique à suspense haletant... la scène se finit alors en tire bouchon...
3/ Le délire aussi, surtout lorsqu'il s'agit de tourner en ridicule le militaire français : il se prend pour Napoléon, il est complètement fou... D'ailleurs, l'une de ses tortures consiste à suspendre un homme la tête enfermée dans une boite contenant des escargots. Et est ce un hasard si les sacs à dos des soldats français sont 'couleur vache normande' (fetchez la vache? France, pays des vaches et des escargots?).
J'ai aussi aimé le travail sur les couleurs pour créer l'ambiance.
Bon, j'ai un gros bémol moi aussi sur Monica Belluci. Juste là pour son beau minois.
Et puis pour ceux qui s'attendaient à la revisitation de la vie des frères Grimm avec des hirondelles, des noix de coco, et de Saintes Grenades... ben, euh, c'est pas exactement le même humour qui est mis en oeuvre. Mais il y a malgré tout de l'humour. Il y a aussi des effets spéciaux ce qui n'est pas le cas avec les Monty Python.
Bref, avec mon envie de m'évader en allant au ciné, ben, j'ai bien aimé.
InTheComm'