




Cyborgs
I - Introduction :
Quand l’homme devient robot
Dans notre société, les robots sont déjà très présents dans l’industrie et sont amenés à prendre une place de plus en plus importante dans notre quotidien. Mais l’intelligence artificielle du robot n’en est pas encore à un stade qui lui permette de prendre des
décisions complexes. Les neurones issus du vivant ou l’intelligence humaine restent nécessaires pour superviser les machines.
Cette idée est développée en fiction avec les Mécha que l'on peut voir dans de nombreux animes et mangas comme « Neon Genesis Evangelion » de Yoshiyuki Sadamoto ou «
Mobile Suit Gundam » de Yoshiyuki Tomino et Hajime Yadate. Dans « Neon Genesis Evangelion », les Eva sont des « robots » de chair qui possèdent un cœur (le Koa),
une circulation sanguine, un système nerveux, ainsi que des parties mécaniques et électroniques alimentées en énergie par un cordon ombilical. Il leur manque cependant la capacité de décision et
ont par conséquent besoin d’un pilote humain placé en eux dans un « plug » pour les mouvoir par la pensée. La synchronisation nerveuse entre le pilote et l’Eva est effectuée grâce à un lien
nerveux appelé A10 situé dans le cerveau du pilote. Quand l’Eva perd un membre, le pilote croit l’avoir perdu lui aussi tellement la connexion nerveuse est intime. Bien avant cela, H.G. Wells
dans « La Guerre des Mondes » en 1898 avait mis en scène les tripodes et machines à main des Marsiens selon le même principe : « L’intelligence vivante, le Marsien qui
habitait la tête avait été tué et lancé aux quatre vents du ciel, et l’appareil n’était plus maintenant qu’un simple assemblage de mécanismes compliqués tournoyant vers sa destruction. »
Mais les Méchas restent de grandes créatures de Frankenstein appartenant au domaine de la fiction. Pour effectuer certaines tâches nécessitant soit une réflexion poussée que les robots n’ont pas,
soit des capacités physiques que les hommes ne possèdent pas nécessairement, une autre stratégie est envisagée : améliorer l’homme.
Plusieurs moyens peuvent être employés pour augmenter les capacités soit physiques, soit intellectuelles des hommes et ils sont exploités aussi bien par la science qu’en fiction. Ainsi, dans les
deux univers, on rencontre des exosquelettes, des prothèses et des implants.
Un exosquelette est un dispositif totalement externe, installé sur le corps, qui permet de démultiplier les capacités physiques de celui qui le porte en accompagnant les mouvements des muscles et
éventuellement aussi de le protéger de son environnement. Ce système est autonome et emploie une source d'énergie embarquée.
Les prothèses sont, par contre, des éléments mécaniques qui viennent s’installer sur et dans le corps, tandis que les implants sont en général des éléments électroniques de plus petite
dimension.
Dans notre réalité, les exosquelettes motorisés sont au stade du développement tandis que les prothèses et implants sont d’usage courant et deviennent de plus en plus sophistiqués. Tous trouvent
des applications dans le domaine militaire, pour aider des personnes handicapées, des travailleurs ou des personnes âgées.
En fiction, les exosquelettes sont très souvent des combinaisons de combat facilitant le déplacement des personnages et les aidant à porter leurs armes, comme dans « Etoiles, Garde à Vous
! » (Starship Troopers) de Robert A. Heinlein (1959).
Les prothèses et implants sont légion dans les univers cyber-punks tels que ceux développés dans le roman « Le Neuromancien » de William Gibson, ou des jeux vidéos ou de rôle
tels « Shadowrun ». La fiction va même bien au-delà avec des personnages complètement modifiés qui deviennent alors des cyborgs. Ainsi dans « Appel Seed », le
manga de Masamune Shirow, Briareos est complètement cyber.
La fiction la plus récente suit les évolutions des connaissances en matière de miniaturisation et met en œuvre également les nanotechnologies. Ainsi, par exemple une « nano-suit » est employée
dans le jeu vidéo « Crysis » [1] . Cette combinaison possède diverses fonctionnalités, comme un mode « armure » qui crée une carapace résistante aux coups autour du corps, ou un
mode caméléon qui rend invisible. Mais surtout, elle fonctionne par l’injection de nano-machines [2] dans le corps de celui qui l’a revêtue lorsque qu’il utilise les modes « vitesse »
(augmentation de la vitesse de déplacement) et « force » (pour booster les muscles du porteur).
Dans la nano-suit, il n’y a donc pas réellement d’élément mécanique externe en mouvement mais comme un exosquelette, une prothèse ou un implant, la combinaison utilise une technologie
non-organique qui supplante le fonctionnement normal du porteur. Dans tous ces cas de figure, les hommes se parent d’éléments mécaniques ou électroniques qui les font ressembler à des robots.
Mourir écrasé
C’est un touriste apparemment comme un autre, confortablement installé dans un avion, attendant le décollage.
Depuis une semaine, il est en vacances. Des vacances que lui a imposées son patron après vingt ans de service dans son entreprise. Vingt ans à être tellement occupé et passionné par son travail
qu’il n’avait jamais pris les congés auxquels il avait droit. Vingt ans où il n’avait jamais été absent, même pour maladie.
Au fond, il les a méritées, ces vacances, mais ce repos l’angoisse.
Les deux premiers jours, il s’est occupé comme il l’aurait fait en week-end : un peu de ménage, des courses, un courte promenade…
Ensuite, tellement peu habitué à rester chez lui, il a commencé à s’ennuyer.
Le quatrième jour, il a songé qu’il pourrait peut être aller voir ses parents. Mais il a vite abandonné cette idée, se disant qu’il s’y ennuierait autant que chez lui.
Finalement après de mûres réflexions, il a décidé de partir en voyage, a alors préparé sa valise, et une fois à l’aéroport, a pris un billet pour le premier avion en partance.
C’est là, une fois à bord, qu’il s’est mis à stresser et à angoisser.
Il pense à ses poissons qu’il a confiés en dernière minute aux soins de son voisin qui est tellement étourdi qu’il va probablement oublier de s’en occuper. Et une fois de retour, il risque de ne
pas retrouver un seul de ses poissons vivants.
Puis il se demande soudain s’il a pensé à couper l’eau, le gaz et l’électricité.
Plus que tout, rester là, assis avec cette ceinture qui lui comprime le ventre, à ne rien faire, le rend très mal à l’aise. Un coup d’œil au hublot lui confirme que l’avion n’a pas encore bougé
de l’aéroport. Il sait par expérience que cette sensation qui l’habite en cet instant, la sensation d’avoir l’estomac oppressé, n’est rien comparé à la torsion qui va verrouiller ce même estomac
au moment du décollage.
Soudain, un frisson parcourt son échine. Il réalise que, dans sa précipitation, il a oublié de prendre son porte-bonheur. Quand on s’appelle M. Luck comme lui, ce genre de chose, inconsciemment,
rassure.
Il essaye de chasser cette idée mais l’anxiété monte, quand il regarde son billet et le prospectus qui lui a été donné avec. Le nom de la compagnie aérienne lui est totalement inconnu.
Il réalise qu’étrangement le billet n’indique pas à quel aéroport il doit atterrir. Voilà ce que c’est de prendre un billet pour le premier avion disponible. Il se souvient du regard surpris,
suivi d’un sourire amusé de l’hôtesse au guichet. Elle avait de beaux yeux bleus. Il soupire. S’il avait été plus jeune, et surtout s’il avait été moins empoté… Mais il sait combien il a un air
repoussant; et il est resté célibataire faute d’accepter qu’on puisse s’intéresser à lui. Et ces lunettes à double foyer qui lui déforment le haut du visage au point que même lorsqu’il a les yeux
fermés, on peut croire qu’ils sont ouverts…
Ses démons reviennent le hanter. Ses pensées se réorientent alors vers son voyage. Il se dit qu’il ne sait absolument pas où il va et que, dans ce là-bas inconnu, aucun hôtel ne lui est réservé.
Rien à voir avec ses voyages d’affaire où tout est préparé comme sur du papier à musique.
Cette compagnie doit être une compagnie fantôme, à bas coût et de faible renommée.
Cette fois la peur a gagné. Peur de mourir écrasé et carbonisé dans le crash de l’avion. Il décide de descendre. Mais, au même instant, une hôtesse annonce que l’avion va décoller. Et en effet,
il le sent se mettre en mouvement. Rouler, rouler, avancer sur la piste. Son estomac se creuse.
Il essaye de repousser cette pensée. De toute façon, il a choisi de partir à l’aventure. Pour une fois, dans sa vie, tant pis s’il doit passer par toutes ces frayeurs.
Pour oublier tout ça, il met un casque sur ses oreilles pour écouter de la musique très fort, se couper du monde, oublier qu’il est assis dans un avion, surtout oublier l’hypothèse d’un crash. Il s’efforce de penser à des choses plus clémentes, des choses passionnantes, son travail, ses collègues. Il n’y a que dans ce domaine que sa vie n’est pas une suite de ratés. Il réalise à peine que l’avion quitte le sol. Il est 13h, ses collègues reprennent le travail après leur pause déjeuner. Il n’écoute pas les annonces au micro. Ils doivent tous parler de lui, l’envier pour ces longues vacances. Il s’imagine assis à son bureau, à gérer un problème urgent avec toute l’expérience et le savoir-faire qu’il a acquis depuis des années.
Il faisait un temps agréable à Algus, cité marchande et principal centre économique d’Alsiméda. Ekoriblonim Elka7 était en train de rentrer tranquillement à son domihome dans son écobulle
transaérienne. Tout en se déplaçant, il rêvait d’un voyage dans un pays lointain et exotique. Il faisait si bon qu’il décida d’évaporer la paroi de l’écobulle.
Cela fit s’envoler un épik qui s’était nonchalamment posé sur cet habitacle douillet et légèrement chaud. Pris par surprise, il battit une fois de trop des ailes. Ce mouvement souleva alors
quelques grains de poussière, qui, par le triste principe de l’arroseur arrosé, vinrent chatouiller le naseau d’Ekoriblonim Elka7. Il éternua.
M. Luck n’entendit pas crier quand se matérialisa subitement un élétame dans l’habitacle. Il sembla léviter quelques secondes. Secondes suffisantes pour causer un mouvement de panique chez quelques passagers. Puis la force de gravité reprit ses droits et l’élétame, de tout son poids magnifique vint aplatir comme une crêpe sur M. Luck et ses deux voisins immédiats.
Ni l’élétame, ni M. Luck n’eurent bien le temps de saisir ce qui leur arrivait. Le premier, loin de sa brousse originelle d’Egalion, se retrouva soudain au milieu d’une foule hurlante, et ressentit une vive douleur en chutant sur des objets de géométrie peu conforme à son environnement habituel. L’autre enfin cessa véritablement d’être stressé par son voyage.
Sur Algus, Ekoriblonim Elka7 se gratta le naseau, pestant contre le fait qu’il devait travailler, ce sans quoi il n’aurait pas à faire ces trajets dans l’air pollué de la ville. En effet, contrairement à tous les membres de sa famille (une haute lignée), lui, Ekoriblonim Elka7, n’était pas un Elu. Pour sa plus grande honte, ceci ne s’étant pas produit depuis des générations et des générations, un membre de la Grande Famille Elka ne possédait ni pouvoir magique, ni divinatoire.

Un nouvelle année... que je vous souhaite merveilleusement bonne... et quelques changements...