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InTheBlob

ce truc est mon blog.. qui l'eut cru!
il contient :
- des trucs et des n'importe-quoi dans la catégorie En Folie,
- des photos et des dessins dans In Plano
- des articles de lecture dans les différents In Folio
- des amusements littéraires dans In Quarto
- des articles sur la musique dans In Octavo
- des recettes de cuisine dans In Douze (parce que midi, c'est l'heure !)
- des articles de cinéma dans In Seize (Neuvième)
- des articles de science et de fiction dans In Dix-Huit (parce que c'est le format suivant)

Voilà, vous êtes prévenus.

Inthepast

22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 07:00

InQuarto

 

Ado des années 90 - 5

 

Eh, oui, tout à fait Thierry, ainsi que Jean-Mi, je sais écrire, c'est fantastique ! Le seul problème, c'est que je ne sais pas quoi raconter. Alors, j'écris tout et n'importe quoi, vous êtes prévenus.

 

Ca vient de changer à la radio, c'est un truc que j'avais jamais entendu. J'attends qu'il y ait un truc de mieux pour le dire. 

 

Je sais pas si c'est une idée, mais je suis redevenue normale, faut que je délire un peu sinon, ça devient lassant. C'est vrai, qu'est ce que vous en avez à faire de ce qu'il se passe à la radio ou ce que j'ai sur une cassette. Franchement, vous vous en foutez. Le problème, c'est que je sais pas quoi dire.

Tiens, y'a mon bouquin de Plaute. Je m'appelle Eunomie, j'ai chais pas quel âge et je suis grande. Je m'appelle Jordy, j'ai 4 ans et je suis petit.

Ma cassette est finie, ouin, ouin. Je vais pleurer à faire déborder la rivière pour noyer sous l'eau le bahut. Ouin ouin, comme ça on aura pas cours. Ouin, ouin, je continue, Ouin ouin, il faut bien si je veux que ça marche. Ouin ouin, tous en choeur, avec moi. Maman dit que je suis pas belle quand je pleure, que j'ai une tête de cochon. Ouin ouin. C'est pas gentil ouin ouin... ... etc. Pendant 3 heures encore, et je suis sympa, je n'ai pas mis les prolongations.

Eh, oui, tout à fait Thierry, le match s'est terminé par un score de 1-0 après les prolongations. Il suffit d'un ou deux excités ! Oh Oui !

 

Ado des années 90 - 5

Ouh, là, mince, les circuits chauffent. J'ai la chanson du foot qui remonte à la surface. Ca ne va plus, alors, là, ça ne va plus du tout.

Je suis folle, je suis folle, je suis folle. Si ça continue, je vais aller me présenter à l'asile de fous et leur dire "donnez moi une chambre confortable, bien matelassée, par terre, sur les murs et au plafond. Vous m'accrocherez aussi les bras avec une camisole de force et me mettrez une muselière si vous ne voulez pas que je bouffe vos matelas".

En parlant de manger, ça va pas tarder à être l'heure...

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:58

InQuarto

 

Ado des années 90 - 4

 

Eh, oui, tout à fait  Thierry, ainsi que Jean-Mi, je sais écrire, c'est fantastique ! Le seul problème, c'est que je ne sais pas quoi raconter. Alors, j'écris tout et n'importe quoi, vous êtes prévenus.

 

Bon, je change de stylo plume, celui-là en a marre que je lui écrase le nez sur la feuille. Il m'a dit que si je continuais à lui faire si mal, il irait se plainde à la SPSP, la société protectrice des stylos-plumes ! (Mince comment ça s'écrit au pluriel, stylo-plume. Ah, ce que je déteste ces mots composés.) Je l'ai supplié pour qu'il ne le fasse pas, et il a accepté à condition que je le laisse se reposer. Je l'ai laissé retourner dans la trousse.

Faut que je fasse gaffe, pendant que je me sers d'un stylo, les autres s'amusent et font un vrai chantier dans la trousse, ils décorent tout avec leur encre. Après c'est moi qui nettoie et c'est pas de la rigolade. Une fois, j'ai dû tout nettoyer au carsher puis avec les meilleurs décapants, et encore tout n'est pas parti. Ils ont été privés de sortie pendant 15 jours. Heureusement, c'était pendant les vacances, ça ne m'a pas géné pour le bahut. Pendant ce temps là, j'ai écrit au stylo-bille, retour aux sources, ça rappelle l'école primaire.

Bon, c'est pas tout ça, mais pendant ce temps là, j'ai laissé passer une chanson sans l'écouter. Tiens, maintenant, c'est Culture Beat avec "Got to get it" ou un titre de ce genre, je sais jamais.

Cet aprem, je me suis super éclatée avec Steph et Emilie !

 

Ado des années 90 - 4

Faut pas s'inquiéter si je change de sujet toutes les minutes, j'écris en suivant ma pensée. Je suis en train de baratiner sur quelque chose et d'un coup, je pense à autre chose. Des fois les idées se suivent. Des fois pas du tout. Des fois je garde une idée de coté le temps d'en terminer une. Je dis ça c'est pour vous prévenir que je vais encore sauter du coq à l'âne souvent.

Bon, je ne vais pas tarder à déconnecter mon bras articulé électronique et après je vais fermer les yeux 10 min pour me reposer, sinon je crois que je vais éclater. Mal au crâne. Je bafouillerai peut-être encore un peu tout à l'heure, mais là, Ciao !

Hé, coucou, toi, j'ai dit Ciao ! T'es pas obligé de rester ébahi devant la feuille ! A moins que tu sois mort ou paralysé, je ne vois pas pourquoi tu restes comme ça.

Ah, non t'es pas mort puisque des yeux bougent pour tenter de déchiffrer ce que je raconte. Ah, je sais ce qui a pu te mettre dans un état pareil, c'est le choc. C'est sûr, su t'as réussi à lire jusqu'ici alors c'est normal que tu sois totalement déréglé, ou au bord du suicide électronique. Mais courage, il y en a encore beaucoup à lire... quoique, je ne sais pas moi-même si je vais continuer longtemps.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 07:28

InQuarto

 

Ado des années 90 - 3

 

Eh, oui, tout à fait  Thierry, ainsi que Jean-Mi, je sais écrire, c'est fantastique ! Le seul problème, c'est que je ne sais pas quoi raconter. Alors, j'écris tout et n'importe quoi, vous êtes prévenus.

 

Bon, où est-ce que j'en étais ? Bon, mince alors. Maintenant, j'ai un trou de mémoire. Je vais m'arrêter d'écrire pour m'osculter et reboucher le trou avec du fromage blanc et je reviens...

 

Ca y est, mi revoilo, me revoilà.

Excusez-moi si j'ai été longue, je n'arrivais pas à localiser le trou.

Mince, en parlant de ça, j'ai oublié de renouveler le fromage blanc qui est dans les autres trous.

Avant de l'oublier, je vais écrire la recette pour bien reboucher un trou de mémoire. Pour l'instant, je la connais par coeur.

 

Alors, vous prenez du fromage blanc, moulé à la louche, 0% de matière grasse. Vous rajoutez quelques fils en cuivres gainés de rouges pour les veines, bleus pour les artères, blancs pour les nerfs. Ou de vert ou jaune si ça vous chante, c'est juste pour s'y retrouver plus tard. Vous mélangez bien le tout dans un saladier.

Vous ouvrez la trappe d'accès la plus proche de la zone à traiter. Vous écartez les morceaux qui gènent pour accéder au trou. A l'intérieur du trou de mémoire, vous mettez du beurre que vous tartinez bien sur les parois.

Ensuite, vous versez le fromage blanc et les fils dans le trou de mémoire. Attendez un peu que ça se tasse bien et remplisse bien tout. Rajoutez un peu de fromage si nécessaire.

Refermez en faisant bien attention qu'il n'y ait plus d'air à l'intérieur et vous revissez bien.

C'est dangereux s'il y a de l'air dedans. C'est pire si c'est de l'air humide. Ca fermente, ça fait des champignons. Il y a un dégagement de gaz, ça fait des cloques sur la tête. Si on ne veut pas que les cloques explosent ou que ça infecte d'autres zones, il faut ouvrir tout de suite, retirer tout le fromage et écraser les cloques.

Voilà, c'est facile comme bonjour. Efficacité garantie, c'est sûr, c'est une recette qui se transmet de mère en fille, de générations en générations.

 

Bon, cette fois, je vous laisse, j'ai des trous à renouveler.

Ado des années 90 - 3
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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 07:50

InQuarto

 

Ado des années 90 - 2

 

Eh, oui, tout à fait  Thierry, ainsi que Jean-Mi, je sais écrire, c'est fantastique ! Le seul problème, c'est que je ne sais pas quoi raconter. Alors, j'écris tout et n'importe quoi, vous êtes prévenus.

 

Les plombs tiennent encore, je n'ai pas disjoncté, même si je sais que ça ne va pas tarder. De toute façon, je change mes fusibles tous les deux jours pour qu'ils ne chauffent pas trop. En même temps, je prends mes trois doses de vitamines, parce que ça fatigue de réfléchir.

J'ai quand même réussi à trouver la solution au problème de maths : deux plus deux est égal à quarante-douze. C'est génial, ça fait trois ans que je cherche la réponse. Maintenant, il faut que je cherche combien font trois plus trois. Quelqu'un m'a dit un milliard cinq cent million trois cent cinquante deux mille sept cent quatorze. Mais c'est quoi ces mots ? Milliard, million ? 

Bon, attention, je commence à réfléchir. Eloignez-vous.

 

Ado des années 90 - 2

La température monte, elle passe de 31,2°C à 70,5°C. Ma peau, habituellement rose fluo, passe au rouge, à l'orange, au violet, au vert fluo, au bleu turquoise... et maintenant au bleu outre-mer. Sortez vos gouaches et vos pinceaux !

Ca y est, je délire, ça chauffe trop. Je me crois en cours de dessin. Bon, j'arrête de réfléchir pour aujourd'hui, je recommencerai deamin.

A fond, à fond et les graviers. Désolé, désolé. La blague à Denisot qui fait rire personne vient d'arriver. Désolé, désolé. Attention, c'est le Pap, je zappe, je boost dans le Booster NRJ, et laisse place à la Génération X. Après c'est N'importe quoi !

AAAHHHH, non, pitié, au secours. SOS, les circuits chauffent, je divague ! AAAHHHH ! Je décolle à 3 mètres du sol et je dis bonjour aux petits anges... Pourtant, je n'ai rien bu, rien fumé, ni sniffé. Ouaaahhh.

Ouf, ça y est, je viens d'atterrir. Dans ma tête deux fils se sont touchés. Ca a fait un court-circuit. Il a fallu que je me tape sur la tête avec un marteau pour que les fils se touchent plus.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 07:47

InQuarto

 

Ado des années 90 - 1

 

Eh, oui, tout à fait  Thierry, ainsi que Jean-Mi, je sais écrire, c'est fantastique ! Le seul problème, c'est que je ne sais pas quoi raconter. Alors, j'écris tout et n'importe quoi, vous êtes prévenus.


Ah que coucou, me voilà ! Une si petite vie et déjà de tout et de n'importe quoi... J'allume la radio pour écouter de la musique de fous et faire sauter les plombs dans la baraque. Monte le son ! De la super musique pour danser toute la nuit, aller dire bonjour aux OVNIS. Et peut-être faire hurler les voisins parce qu'on met la radio à fond. 

Ooaah, c'est Tutatutatutata ! Le problème c'est qu'il n'y a pas vraiment de paroles que je peux recopier. A part Tutatutatutata, je ne vois pas ce que je peux chanter.

Oups, non, si je chante, il va pleuvoir... 

J'ai pas envie de bosser, j'ai un exo à faire et j'ai pas envie. Alors je gribouille tout ce baratin sans aucun intérêt.

Qu'est ce qu'il y a à la radio maintenant. De la pub, c'est nul. Je vais mettre une cassette d'une émission de techno que j'ai enregistrée.

Maintenant, c'est JMJ avec Chronologie 1. J'adore tout ce que fait JMJ, j'aime bien Vangelis aussi. La musique faite avec un synthétiseur, c'est super. 

Je crois pas que je vais faire un roman avec du gribouillage comme ça. Si je voulais le faire, j'aurais vraiment du boulot. C'est comme si je devais apprendre l'annuaire téléphonique par coeur.

Ah, bé, là, je sais plus c'est quoi le titre de ce morceau. Mais j'aime bien, c'est le principal. Bon, va falloir avancer mon exo. Heureusement qu'on n'est que samedi, j'ai encore un jour pour me décider à le faire.

Ahhh, Pin'occhio ! J'adore !

Faut que je fasse attention, le surmenage, ça peut conduire à l'asile. Les mathématiciens se font attaquer par des raids aériens de racines carrées, de nombres, de fraction et d'équations...

L'autre jour, à la radio, y'a un animateur qui a fait exprès de se faire coffrer en direct par les flics en voulant leur offrir une pizza. Sont fous eux aussi.

En parlant de manger, il va bientôt falloir que je laisse ce gribouillis, dès que retentira l'appel au loin, du fond des steppes.

Je n'ai plus de musique dans la chambre, la cassette est finie depuis longtemps. J'étais tellement plongée dans ce bidule que j'ai pas changé de face.

Ado des années 90 - 1
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 07:09

InQuarto

 

Le 14 juillet

 

Ca fait plusieurs années que je suis en vadrouille lors du 14 juillet. Je loupe alors bien souvent les feux d'artifice de mon lieu de résidence. Ce n'est pas volontaire, mais pour peu que je voyage le 14, et que celui de mon lieu vacances ait lieu le 13, je n'en vois aucun. Parfois, il m'est aussi arrivé d'aller tellement au milieu de nulle part qu'il n'y a eu ni feux le 13, ni le 14. 

 

Cette année, le 14 s'est trouvé être un dimanche. Cette année, rien de prévu, pas de pont à faire, je travaille le 12 et 15, si bien que je suis restée dans la grande ville où je vis depuis quelques années. C'est le premier 14 juillet que j'ai passé ici, et ça m'a bien changé des années précédentes.

 

Les 11 et 12 au soir, les gens de mon quartier testaient leur matériel. Il y a déjà eu de nombreux pétards et quelques feux solitaires ont éclairé le ciel. Le 13 et la 14, ça a pétaradé dans tous les coins. Proche, au loin. Ceux de ma ville et des villes alentours. C'était impressionnant.

 

Les précédents week-ends ont été marqués par une météo assez maussade. Profitant de ce beau week-end, tous mes voisins avaient décidé de vivre dehors. Je les comprends très bien. Personnellement, j'avais ouvert mes fenêtres en grand pour faire entrer le soleil et m'occuper de mes jardinières.

L'expression "bricoleur du dimanche" trouvant là tout son sens, la matinée du samedi et du dimanche a permis aux uns de tondre leur gazon, aux autres de trouer je ne sais quoi avec une perceuse. C'est ainsi que sous mes fenêtres et dans un environnement proche, l'ambiance sonore a monté d'un cran.

Tous mes voisins avaient également décidé de faire la fête. Midi et soir, pendant 2 jours, franches rigolades et cris d'enfants qui jouent ont résonné.

 

Mon quartier, d'ordinaire si calme a soudain connu une explosion de vie, comme les plantes et les animaux au printemps. Eclosion de fleurs lumineuses et sonores, pépiement de jeunes humains, chants de joie et parade sociale des adultes...

En un week end, j'ai rattrappé plusieurs années de quiétude. La compensation a été brutale ! L'an prochain, je m'efforcerai de ne pas être là le 14... J'irai faire la fête ailleurs !

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:05

InQuarto

CoinInvité

 

Une beigne en magie blanche - Partie 2

Invitée : Mouty

 

  Un viel homme, visiblement un puissant mage, perçoit des signes qui l'incitent à partir à la recherche d'un enfant...

 

Le mage pointa le doigt dans la direction de l'enfant et celui-ci sursauta. Puis il tendit une bourse pleine de pièces d'or au père ahuri et dit :

- Il vient avec moi.

 

Sans broncher, sur un regard de son père associé à un mouvement de tête l'incitant à se lever, le gamin suivit le mage. Ils traversèrent forêts et landes sans échanger une parole.

Enfin de retour dans la clairière où se dressait sa chaumière, le viel homme prononça quelques mots dans une langue ancienne en poussant la porte. Le gamin ne réagit même pas quand un feu vif s'alluma spontannément dans la vaste cheminée. Il ne semblait pas voir combien le lieu dans lequel il entrait était atypique, avec ses fioles contenant divers produits secs ou liquides glauques et les lourds grimoires trônant sur des tables massives.

 

Un gros chat noir miaula, le fixant de ses yeux jaunes. Lui aussi semblait inquiet.

- Deshabille toi et lave toi, ordonna le viel homme.

Un bassine d'eau tiède était posée au centre de la pièce. Mais le gamin resta là, les bras ballants. Le mage soupira, leva les yeux vers le ciel et ses divinités inaccessibles, et entreprit de lui enlever ses vêtements, puis de le camper dans la bassine. Devant tant de crasse, il murmura un petit sort anodin, et le gamin dut subir le frottement énergétique d'une éponge rugueuse. Un second murmure erradiqua les poux et, tant qu'à faire, lui tondit les cheveux à ras.

Vétu de propre le gamin avait meilleur aspect, mais il était toujours aussi inerte.

 

- Maintenant, passons au choses sérieuses. Voyons ce que l'on peut faire de toi... Comme réfléchissant à voix haute, il entreprit de faire le tour de la pièce du regard, s'arretant sur certains grimoires, certains flaçons. Et enfin, il sembla arrêter un choix.

- Nettoie le sol ! lui dit-il en lui tendant un balai. Désormais, tu es mon apprenti.

Hésitant, le gamin prit le balai, tourna et retourna le manche entre ses mains, le fixant comme un objet inconnu.

Le mage réfléchit un instant et prononça un nouveau sort destiné à réveiller une personne endormie. Il en essaya un autre ravivant la circulation sanguine, lui fit boire une potion destinée à stimuler le cerveau... il lui montra même comment utiliser le balai. Rien n'y fit.

Le gamin restait toujours aussi apathique. Il finit par hausser le ton en lui secouant le bras :

- Allez, balaie ! Depêche toi !

Enfin, le gamin s'anima, d'abord lentement puis plus énergiquement. Le balai tanguait à droite, à gauche, cognait bruyamment les murs, les objets posés sur la table cliquetaient à chaque choc.

 

Le mage finit par s'exaspérer. Qu'allait-il faire ? Etait-il possible que ce gamin idiot, maldroit et muet fût celui que les signes avaient désigné, celui auquel il devait transmettre ses connaissances ? Toute sa science et sa magie seraient-elles suffisantes ?

Il sursauta. Dans un grand facas de verre et de terre cuite, un grande cornue, deux mortiers et leur pilon venaient de se briser au sol.

C'en était trop. Etre magicien ne signifie pas forcément être patient, à chacun ses défauts. Casser du matériel rare et précieux était inadmissible. Et un vieux mage comme lui, ayant de plus toujours vécu en célibataire, tolère encore moins ce genre de dérangement. Une giffle partit, une belle beigne, directement reçue en plein sur la joue de l'apprenti.

 

Regrettant déjà son geste impulsif, le mage vit avec stupeur la trace de ses doigts se dessiner sur le visage du gamin qui soudain se mit à baver. Comme hébété, le gamain secouait la tête dans tous les sens et clignait les paupières. Soudain, une lueur insepérée s'alluma dans son regard qui se fit plus vif, inspectant chaque recoin de la pièce, détaillant le vieil homme. 

- Aïe, mais c'est que ça m'a fait mal !

La voix était claire, assurée, presque amusée. C'était ce qu'on appelle se faire remettre les idées en place.

- Et bien, Merlin, remettons nous au travail. Tu as beaucoup à apprendre, et pas seulement à balayer.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:38

InQuarto

CoinInvité

 

Une beigne en magie blanche - Partie 1

Invitée : Mouty

 

Le viel homme bougon marchait d'un pas ferme, frappant le sol de son lourd bâton noir incrusté de runes d'argent. Il marchait, le front soucieux, le regard sombre. Parfois il soupirait et il marmonait :

- Les signes. Les signes sont là...

Et cette pensée ne lui plaisait pas.

 

Pourtant, en effet, les signes étaient bien là. Le vol des grues, le cou tendu vers le levant. Le scintillement saccadé de l'étoile du berger. Le coassement trop aigu des grenouilles de l'étang. Tous ces signes déchiffrés depuis des mois transmettaient un message indiscutable, mais si étrange.

Le bouillonnement inquiétant du philtre d'orties, de salsepareille et de sang de crapaud, dont les bulles éclataient à la surface en projetant des goutelettes autour du chaudron, en y dessinant une carte jaune, noire et verdâtre n'avait été qu'un indice de plus. Alors, ce matin, il avait jeté une ample cape de laine sur sa tunique blanche. Après avoir ceint sa longue chevelure d'une lanière de cuir, calé sur son épaule un sac de toile contenant du pain et des fruits, il était parti vers le levant.

 

Il était si majestueux, son regard était si autoritaire, que devant lui les ronces et les ajoncs rentraient leurs épines. De même, les clématites écartaient vivement leurs tiges flexueuses, les branches tortueuses des chênes rabougris se repliaient, les mares s'asséchaient, ne laissant que quelques nénuphars et roseaux, les mousses se faisaient moelleuses sous ses pieds, les oiseaux se taisaient et les abeilles ne bourdonnaient plus.

Il marcha ainsi, traversant forêts et landes désertes avant de rejoindre un chemin creusé par les charrois. Il contourna encore plusieurs hameaux. A sa vue, les rares paysans qu'il croisait se détournaient, craintifs. Les femmes rappelaient leurs enfants pour qu'ils viennent à leur coté, et les enserraient de leurs bras. Les chiens se sauvaient. 

 

Il s'arrêta enfin, devant une maison isolée. Il hésita, maugréant toujours la même litanie :

- Les signes, tous les signes sont là !

Alors il entra. Saluant à peine un homme occupé à réparer un sabot, il s'avança vers un enfant blotti sur une paillasse crasseuse. Il était sale et pouilleux. Son regard était vide, comme ailleurs. 

Le viel homme l'eximina longuement, avec un regard où se mellaient stupéfaction et dégoût. C'était donc lui...

 

A suivre...

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:16

InQuarto

CoinInvité

 

Le paradoxe du crozet

Par B.


Le Crozet, élément ô combien fameux de la cuisine savoyarde peut s’apprêter de bien des manières, que ce soit simplement cuit au bouillon en accompagnement de Diots ou alors mélangé avec du Beaufort (ou un autre fromage des alpages). Mais le seul élément qui ne changera JAMAIS dans toutes les recettes que vous allez pouvoir trouver sur internet, c’est le temps de cuisson de 20 min... pas une de plus pas une de moins et ce quelque soit la température de l’eau.


J’en viens à me demander si le Crozet ne serait pas soumis à un processus chimique qui le ferait cuire tout seul (un peu comme le dégagement de chaleur qui se produit lorsque l’on mouille du ciment). On devrait par conséquent pouvoir plonger des Crozets dans de l’eau froide et hop ! 20 min plus tard ils seraient cuits... Et si l’on pousse l'expérience un peu plus loin, on devrait pouvoir se servir du Crozet comme d’un carburant pour les voitures, voire même les fusées. Songeons à la multitude de perspectives que cela ouvre à l’Humanité.


Mais plus simplement, je me demande si quelqu’un sait à quoi doit ressembler un Crozet bien cuit. Après 20 min dans l’eau bouillante, il reste croquant. Mais doit-il vraiment avoir encore un peu de croquant pour être considéré comme “bien cuit” ? Ou alors doit-il être complément ramolli ? Pâte al dente ou riz gluant ? Ça doit encore être un de ces grands mystères de l’humanité, au même titre que la quadrature du cercle, l'existence du Yéti ou pourquoi je m’acharne à continuer à écrire !!!

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 07:18

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Sous les flots

Par Shi May Mouty

 

 

Sophie trottinait sur les pavés inégaux, perchée sur des talons-aiguille, elle avait l’impression de flotter au dessus du sol. Elle avait de longues jambes mises en valeur par des collants fantaisie et par une mini-jupe assez moulante pour sembler inexistante. Son T-shirt, assorti à ses yeux, moulait une poitrine expressive.

Les passantes qui la croisaient lui trouvaient un air de cigogne pressée d’attraper une grenouille.

Les hommes avaient de la peine à détourner le regard. Ils semblaient aimantés par le motif imprimé sur son T-shirt, représentant une bouche pulpeuse soulignée des mots ‘I love you’.

Sophie appréciant ces regards masculins, les considérant comme une récompense pour tous ses efforts pour être belle et à la mode.

Là, elle sortait de chez Ophélia, le salon de beauté où il fallait absolument aller sous peine de passer pour ringarde. Après avoir passé déjà une heure devant le miroir chez elle pour s’habiller et se maquiller, plus de trois heures de plus avaient été nécessaires pour aboutir à la couleur de cheveux dont elle rêvait. Elle voulait un blond platine, comme ceux de sa star préférée, Marylin Monroe. Chloé, sa coiffeuse fétiche, une véritable artiste, avait également réussi à reproduire les savantes ondulations de la star. Pour parfaire le tableau, Sophie avait également prévu de s’entrainer à papillonner des paupières comme Marylin. Aurait-elle su que ce phénomène était dû à la myopie de son idole, peut être aurait elle songé à simplement enlever des lentilles de contact… mais contrairement à le rumeur, la blondeur des neurones n’est pas accordée qu’à quelques vraies blondes.

Mais pour l’instant, elle s’accordait une pause dans son mimétisme. Elle était radieuse, coiffure, vêtements, maquillage… tout était réussi. Elle allait faire merveille au salon de l’agriculture. Elle devait se rendre au stand des porcs de Bretagne, dont elle était l’une des hôtesses, pour distribuer aux visiteurs, en plus des sourires obligatoires, des prospectus et leur proposer de déguster des tartines de rillettes.

Elle frissonna. Des nuages noirs, menaçant commençaient à s’accumuler, et de brèves bourrasques de vent glacial balayaient la rue. Elle se hâta, un peu chancelante sur ses hauts talons si hauts et si fins, réalisant ainsi un miracle d’équilibre, funambule sur trottoir.

 

Sébastien, sa mère avait choisi ce prénom en souvenir d’un feuilleton télévisé, venait de quitter son hôtel quand l’averse s’est déclenché. Il avait alors enfoncé sa casquette américaine orné du logo d’une équipe de base-ball jusqu’aux yeux. Puis jugeant cela insuffisant, il avait relevé le col de sa chemise à carreaux, façon bucheron canadien. Il l’avait rapporté d’un voyage au Québec au cours duquel il avait pu observer les ours bruns dans leur forêt d’épinette et lui accordait une grande valeur sentimentale. Elle avait accessoirement aussi l’avantage d’être épaisse et bien chaude.

Il se dirigeait vers le salon de l’agriculture où il devait rejoindre le stand des volailles de Bresse et ses chapons dodus.

 

Quand la première goutte de pluie tomba, elle s’affola. Elle ne pouvait cependant pas marcher plus vite, au risque de se tordre une cheville, voire même de se rompre le cou.

De goutte en goutte, de rafale en rafale, les désastre se précisa. Elle était trempée, réfrigérée. Son T-shirt collait à sa peu, sa jupe semblait rétrécir. Sa chevelure avait perdu ses savantes ondulations pour les remplacer par des mèches plates, agglutinées sur son crâne, et dégoulinant dans son cou et ses yeux comme une serpillère trempée sur un fil à linge. La pluie l’aveuglait et délayait son maquillage élaboré en une composition picturale abstraite.

Ses chaussures prenaient l’eau et il lui semblait marcher sur des éponges, c’était bien moins planant qu’avant. Elle éternua, pleura, se moucha, s’essuya le nez, se frotta les yeux, et ce faisant amplifia l’amalgame coloré ornant ses joues. Dans quel état allait-elle atteindre le salon de la porte de Versailles ?

 

Il avançait, tête baissée et rentrée dans les épaules pour se protéger de la pluie et du vent si bien qu’il ne vit pas arriver ce corps déséquilibré et aveuglé.

 

Avec tant d’eau dans les yeux, occupée à repousser une mèche rebelle, elle se jeta contre lui et lui enfonça un talon pointu dans la chaussure droite.

 

Il ne sentit rien, la pointe n’avait pas pu traverser son godillot de marche au cuir très épais. Mais le souffle coupé par le choc, il regarda l’étrange créature tombée dans ses bras. Dans un premier temps, il pensa à son chien s’ébrouant au sortir d’un bain dans la rivière qui traverse son village. Puis il identifia une jeune femme aux allures de noyée. Elle semblait dans l’incapacité de mettre un pied devant l’autre. Il la souleva et comme elle était bien légère, il l’emporta jusque dans le grand hall du salon, à quelques mètres de là.

Là, au sec, il la déposa sur le sol. Assez ébahi, il la contempla. C’était un spécimen féminin qu’il n’avait jamais rencontré. Elle était presque nue, avait le visage multicolore, et sa coiffure était si inimaginable que même pour l’épouvantail du jardin il n’en aurait pas voulu. Qu’en faire ?

 

Elle se sentait minable, moche. Elle aurait voulu se cacher sous terre. Honteuse de son aspect, elle se laissa guider vers les sanitaires par une dame qui avait eu pitié d’elle, et alla s’éponger et retrouver un visage plus attrayant.

 

Pressé, il rejoignit le stand bressois, pensant que les femmes étaient, certes, émouvantes, mais bien peu raisonnables de s’habiller de façon aussi inadaptée.

 

Quelques minutes plus tard, il en remarqua une autre, plus à son idée. Une néobretonne, costume brodé et coiffe de dentelle fichée dans des cheveux raides, distribuait des tartines de rillettes. Un sourire crispé dans un visage pâle.

 

Bretagne et Bresse. Des centaines de kilomètres les sépare. Mais il n’y a que quelques mètres entre le stand des volailles et celui du porc.

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