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InTheBlob

ce truc est mon blog.. qui l'eut cru!
il contient :
- des trucs et des n'importe-quoi dans la catégorie En Folie,
- des photos et des dessins dans In Plano
- des articles de lecture dans les différents In Folio
- des amusements littéraires dans In Quarto
- des articles sur la musique dans In Octavo
- des recettes de cuisine dans In Douze (parce que midi, c'est l'heure !)
- des articles de cinéma dans In Seize (Neuvième)
- des articles de science et de fiction dans In Dix-Huit (parce que c'est le format suivant)

Voilà, vous êtes prévenus.

Inthepast

14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 07:36

Le coin de l'invitée :

La demoiselle disparue par Shi May Mouty


« Demandez France Matin ! Tout sur la disparition de la Tour Eiffel ! »

La nouvelle explosa en milliers d’éclats, semant la stupeur puis la terreur. Des cardiaques moururent. Des neurasthéniques se suicidèrent. Des femmes pleurèrent, se frappant la tête de leurs poings serrés. Des bébés hurlèrent dans leur berceau. Les accidents de circulation se multiplièrent : stops grillés, feux rouges brûlés. Paris n’était plus qu’un immense embouteillage.
Puis l’information atteignit toute la France par la voix des ondes, le papier, et pour finir la rumeur… On l’accueillit parfois d’un sourire narquois : « Les Parigots, ça leur fera les pieds ! »
Mais à Paris, l’affaire n’était pas prise à la légère. Le gouvernement faillit sauter pour incapacité notoire à gérer les biens de la nation. En pleine séance de l’Assemblée Nationale, les députés se mirent à chanter La Marseillaise. La patrie était en danger. C’était la catastrophe. D’heure en heure le scandale enflait.
L’élite de la police et des services de renseignement fut convoquée en urgence au Palais présidentiel. Des indics furent énergiquement interrogés. Les promeneurs réguliers du Champ de Mars, qui avaient eu le tort de s’y trouver au mauvais moment lors d’une rafle de police à la recherche de témoins potentiels, vécurent une nuit d’angoisse. Les salles de garde à vue débordèrent de suspects clamant leur innocence.
Mais rien. On ne trouvait rien. Ni coupable, ni Tour.
La bourse de Paris dégringolait, les épargnants, les boursicoteurs voyaient fondre leur capital. La crise s’installait, on était au bord du cataclysme.
Le commissaire Maigret, la pipe éteinte à la main, arpenta les quais de Seine, en vain.
Un petit homme chauve, rondouillard, à la moustache cirée, examina l’air songeur les énormes traces laissées par les pieds de la Demoiselle disparue. Il croisa en chemin deux compatriotes hébétés portant un chapeau melon qui cherchaient un marchand de frites belges. Le mal du pays les prit alors tous les trois et ils renoncèrent à leur enquête.
Le lendemain, arriva Rouletabille, le nez en l’air, toujours à la recherche d’un certain parfum.
Sherlock Holmes examina les trottoirs à la loupe, n’y vit que des crottes de chien et, ayant oublié son violon et diverses substances qui lui étaient nécessaires pour réfléchir, repartit à Londres.
La nouvelle traversa l’Atlantique, où elle émut beaucoup. Enfin, au moins pour sauvegarder les apparences, de manière diplomatique. La spéculation sur les produits dérivés débuta tandis que les grands détectives locaux, jugeant leur réputation en jeu, vinrent se joindre à cette enquête extraordinaire. Eliott Ness adora le champagne et les bordeaux rouges. Philipp Marlow succomba au charme des parisiennes. Par un après-midi ensoleillé, deux parachutistes se posèrent sur le parvis de Notre-Dame. James Bond et Indiana Jones étaient décidés à montrer que l’union de leurs intelligences et de leurs muscles leur permettrait de résoudre rapidement ce petit problème sur lequel ces frenchies attardés piétinaient. On les vit le soir même aux Folies-Bergères et au Moulin-Rouge. James et Indiana montrèrent leur efficacité à vider des bouteilles de whisky. Les jours suivants on les y revit, toujours accompagnés de voluptueuses pin-ups au décolleté éblouissant, à la jupe virtuelle, aux jambes de gazelles moulées de cuissardes noires. Ils en oublièrent leur enquête.
Le désespoir mêlé de fureur de la population était total : «  On ne reverra jamais la Tour Eiffel ! », « Le voleur ne serait jamais arrêté ! » Le gouvernement tremblait, craignant les pires émeutes, d’autant qu’il avait fait passer en force des réformes peu populaires durant les semaines précédentes. On changea de premier ministre pour faire bonne figure.
Mais heureusement l’été arriva. L’Assemblée Nationale se vida. Les campings des Flots bleus se remplirent. Le peuple n’écouta plus les informations. On augmenta la TVA sur les denrées de base, allégea les impôts sur les grandes fortunes des ministres et des députés, on réforma l’Education Nationale, et on demanda aux salariés de travailler jour et nuit pour compenser les pertes dues à la crise financière. Pas de pavés sur la plage, personne ne réagit.
A la rentrée, peu à peu, on se résigna. On évoquait encore parfois, en chuchotant, les noms de Furax, d’Arsène Lupin ou de Fantômas, dont les célèbres méfaits avaient traumatisé à jamais la France entière. On mentionna également un spectacle de David Copperfield qui aurait mal tourné… D’autres, plus farfelus, parlèrent d’extra-terrestres (mais eux aussi disparurent, et bien vite).
Pendant quelques années encore, parfois, une bonne ménagère époussetant son buffet admirait, les yeux emplis de larmes, une petite Tour Eiffel de plastique flanquée d’un thermomètre. Puis elle détournait les yeux pour regarder, juste à coté, le Mont St Michel dans sa boule de verre, au milieu d’un nuage de neige.

 

***

La Tour Eiffel a disparu... Que s'est-il passé ? sur les fanes de carottes

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 07:46
Dans le cadre des fanesdecarottes,
Confidences


Je suis sûre qu'il pense que je le fais exprès. Que je fais ça uniquement pour l'embêter. Mais s'il pense vraiment ça, c'est qu'il n'a rien compris.
Depuis combien de temps est-ce qu'on se connait ? Bizarrement, on est vite devenus proches. Même si les occasions de se voir sont rares, on se parle souvent. Au début, oui, je peux admettre que c'était de la pure taquinerie. Mais plus maintenant.
Et il y a eu ces moments difficiles. Il était là. Loin, mais là. Par l’intermédiaire d’Internet, une fois par semaine au début, et au final tous les soirs. Il était là pour écouter. Pour me subir. Supporter mes lamentations. Pour me lire alors que je vidais mon sac. Pour parler d'autre chose et me changer les idées quand je tournais en rond, quand je m’enfonçais.
Et il y a eu cette fois où je l’ai rejeté avec cette litanie qui tournait en boucle: « Je ne veux plus te parler. Je ne veux plus t'affecter en te confiant toutes mes idées noires. Je ne veux plus te parler. Je préfère ma solitude plutôt que te faire souffrir. C'est moins grave si c’est moi qui ai mal, mal de cette solitude. Je ne veux plus te parler, pour ne pas te mentir. Je ne te mérite pas, laisse-moi. » Mais il a laissé passer la tempête, il a tenu bon et il est resté là. Loin, mais là. Pas une personne vivante à côté de moi, mais un soutien virtuel.
Quand ça a été trop difficile de rester seule, loin, un soir il a accepté que je débarque le lendemain soir. Il n’a rien demandé, n’a fait aucun commentaire. Je me suis réfugiée chez lui. Sur place, on n'en a pas parlé. On a vécu deux jours côte à côte, chacun occupé à lire, regarder la télé... mais plus seuls. Assis en train de lire, il m'a offert son épaule, il a passé son bras dans mon dos, avec un petit « viens-là », il m’a attirée vers lui. Ma tête sur son épaule. Il était là, j'étais bien. Je me suis échappée de ma vie, de mon enfer, j'étais en sécurité pendant deux jours. Ca suffisait.
C'est resté un souvenir particulier. Ma tête sur son épaule.
Je sais que tu n’en as rien à faire de tout ça. Mais ça me fait du bien d’en parler.
Par la suite, tu sais, on s'est revu. Et moi, je crois bien que je suis devenue dépendante de ce simple contact : ma tête sur son épaule. Mais comment poser ma tête sur son épaule maintenant que la crise est passée ? Selon nos règles, nous sommes amis. On ne met pas la tête sur l'épaule de son ami sans raison. Alors, ce qui était avant de la taquinerie est devenu un moyen de provoquer un contact, un rapprochement : je le chatouille. Il déteste ça, mais je me contrôle à peine. Ce qui est sûr, c’est que je ne fais pas ça pour lui casser les pieds, ça relève du domaine du besoin.
Enfin, bon, je te parle de ça, mais tu ne peux pas le comprendre. Tu restes un ficus.

Elle jeta un dernier regard à sa coiffure, puis sortit de la salle de bain. L’une des feuilles du ficus tomba. Etait-ce un frisson ?

***

une réponse intelligente et végétale

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 07:13
Le coin de l'invité :

Une Taupe qui vole ! par Jean-Lin Fatty


A LA RENCONTRE DE L’ANIMAL…

Au tout début du mois d’avril 2007, je me trouvais au ponant de l’étang de Bairon (Commune de Le Chesne, Département des Ardennes, Région Champagne-Ardenne, France, Union européenne, Terre, Système solaire), en un lieu dont je n’ai pas encore pu déterminer les coordonnées. Celui-ci est repéré sur le terrain par une pierre blanche.

La température de l’eau de surface de cette étendue liquide peu profonde et presque stagnante fut estimée à 10°C (283,15 K).

La détermination de la température de l’air, relevée à 1,03 mètre à la verticale du dioptre [1] air eau donna une valeur approchée de l’ordre de 11,512°C.

La turbulence des gaz atmosphériques était très faible. A signaler : une légère convection thermique verticale ascendante, habituelle pour la saison et l’heure.

Equipé d’une paire de jumelles à prisme de Porro, le plan d’eau restait désespérément vide depuis plus d’une heure…

***

Caractéristiques des instruments d’observation :

Ø Optique traitée multicouches antireflet,

Ø Grossissement : sept fois,

Ø Diamètres des objectifs : cinquante millimètres,

Ø Coefficient de luminosité : cinquante et un,

Ø Pupille de sortie : 7,1 millimètres,

Ø Champ à un kilomètre : 124 mètres,

Ø Corps caoutchouté.

***


QUI NAGE…

Note au lecteur : afin de faciliter la compréhension des événements décrits ci-après, le présent narratif sera maintenant employé.

Soudain, vers 12 heures 45 minutes 21 secondes et 1/10 ème (T.U.C.[2]), à une distance évaluée à 52,26 mètres, j’identifie un objet nageant (objet nageant identifié : O.N.I.). Une Taupe femelle (Talpa europaea L.), âgée de deux ans, se propulse au milieu du milieu aqueux, la tête en avant, la queue en arrière, par rapport à son vecteur directionnel. La somme des forces extérieures appliquées au mobile étant nulle, le module de son vecteur accélération est nul et la norme de la vitesse est constante.

De nombreux auteurs ayant décrit en détail la nage de la Taupe, je renvoie le lecteur à la bibliographie de 321 pages qui complète cet article. Je ne peux que confirmer les observations des naturalistes cités.

Un Grèbe huppé (Podiceps cristatus), de passage au-dessus de l’étendue dulçaquatique stagnante continentale, n’amorce même pas un décrochement pour s’approcher de la nageuse qui parcourt sans difficulté apparente 18,335 mètres dans ma direction.

 ***

 

Remarque : points de référence pour les mesures des distances citées : 

 

Ø Pour la Taupe, les visées ont été effectuées avec pour point de repère le centre géométrique du point aveugle de son œil droit. Ce choix s’est avéré malencontreux lorsque la Taupe a cessé de nous regarder.

Ø Pour l’observateur, le point de référence choisi fut le barycentre du triangle formé par l’épiphyse, le chiasma optique et le trou de Magendie de son propre névraxe. La détermination précise de ce point demande que la tête de l’observateur soit calée dans un dispositif W.Z. K de dernière génération [3].

Toutes les mesures entre ces points ont été réalisées à l’aide d’une chaîne d’arpenteur en platine iridié, thermostatée à l’hélium liquide, maillons de 20 centimètres.

***


QUI S’ELEVE DANS L’AIR…

A 12 heures 49 minutes et 58 secondes (T.U.C.), une gerbe d’eau de trente centimètres de hauteur se forme autour de la Taupe. L’écran liquide me cache l’animal pendant une à deux secondes. Dans le moment même où l’écran liquide retombe sur le plan d’eau, je vois très distinctement le petit Mammifère insectivore s’élever dans l’atmosphère.


***

 

Paramètres du vol :

Ø Angle de montée : sensiblement 20° d’arc par rapport à l’horizontale.

Ø Vitesse linéaire : 30 kilomètres par heure (8,33 mètres par seconde de temps).

Ø Par rapport à cette nouvelle trajectoire, la position relative du plan antéro-postérieur du mangeur d’Insectes n’a pas été modifiée, si bien que dorénavant le corps de la bestiole présente son flanc droit au vent apparent. Dans la suite de la publication, cette position sera dénommée « vol latéral ».

***

 

Dans la nage, l’animal s’est toujours tenu en position de lordose (cf. schéma ci-dessous), l’appendice céphalique et l’extrémité caudale apparaissant surélevés par rapport à la zone médiane connective.

Dans le vol, l’animal adopte la position de cyphose (cf. schéma ci-dessous), les positions relatives des différents segments corporels étant inversées. Les pattes apparaissent pendantes.

A ce stade de la description des observations réalisées, arrêtons-nous un instant afin d’explorer quelques hypothèses :

1. Comment expliquer l’élévation de l’animal au-dessus de l’élément aqueux ?

Hypothèse : Dans l’eau l’animal est en position 1 

                        image1

 

 Dans l’air, l’animal est en position 2

 image2Cyphose (vol latéral)

 

Pour passer de 1 à 2, il suffit de provoquer une contraction coordonnée et simultanée des muscles abdominaux longitudinaux.

Si cette contraction est très rapide, les palettes des pattes peuvent prendre violemment appui sur l’eau et l’animal s’élève dans l’air (principe action-réaction).


Discussion : Les faits constatés vérifient cette explication.

Le professeur Myopis du laboratoire d’anatomie comparée des micromammifères de Blout m’affirme que la musculature abdominale de la Taupe possède les capacités de puissance et de vitesse qui permettent d’atteindre un tel effet.


Conclusion : Donc la brusque contraction simultanée et coordonnée des muscles abdominaux longitudinaux peut suffire à provoquer l’élévation de l’animal.


2. Comment expliquer que l’animal s’élève dans l’air selon une trajectoire perpendiculaire à sa trajectoire primitive ?

Hypothèse numéro 1 :

La Taupe est passive et subit un vent latéral qui la déporte en aval du lit du vent.


Discussion de l’hypothèse numéro 1 : Les mouvements atmosphériques mesurés et constatés sont trop faibles pour provoquer une dérive d’une telle ampleur. De plus, les transferts gazeux apparents observés sont verticaux.


Conclusion : L’hypothèse 1 est à rejeter.


Hypothèse numéro 2 :

La Taupe est active. L’appui des pattes sur l’eau s’exerce de manière dissymétrique. Il y a latéralisation. Dans le cas considéré, les pattes gauches sont plus efficientes que les pattes droites, ce qui provoque une projection du corps sur le côté droit, et non verticalement ou en avant.

 

Discussion de l’hypothèse numéro 2 : Cette hypothèse est plausible. Or l’observation, qui indique que la Taupe décrite est une « taupe vol à droite », induit une série de corollaires qu’il faudra vérifier.

Ø Existe-t-il des « taupes vol à gauche » ?

Ø Si les deux formes existent :

· quelle est la forme prédominante ?

· quel en est le ratio ?

· quelle est la forme ancestrale ? L’une des deux formes est-elle apparue antérieurement à l’autre ?

Ø Si oui, est-ce une adaptation innée ou acquise ?

Ø Si elle est innée, quel est le support génétique de cette variante phénotypique ?

Ø Si elle est acquise, quel(s) mécanisme(s) en gouverne(nt) l’apprentissage ?

Ø Quelles sont les modalités de cet apprentissage ?

Ø A quel(s) stade(s) du développement s’effectue cet apprentissage ?

Ø Etc.

Ø Quelles peuvent être les conséquences du « vol latéral » ?


En présentant un maître-couple important à la pénétration dans l’air, la traînée aérodynamique est très élevée et l’efficacité du vol s’en trouve fortement diminuée.


En restant dans sa direction de propagation initiale, la Taupe présenterait un maître-couple minimum d’où un coefficient Cx de pénétration dans l’air fortement amélioré. Pour le moins, la Taupe n'apparaît pas comme un voilier performant…. On peut même s’interroger fortement sur l’apport évolutif et adaptatif d’un tel comportement !


QUI RETOMBE…

Parvenu à une altitude de trois mètres, brusquement l’animal volant retombe comme une masse.


Les yeux rivés aux oculaires des jumelles, je peux admirer l’œil noir et glauque de la croqueuse d’Insectes. Ce regard et la motricité corporelle très désordonnée l’accompagnant me laisse à penser que l’aspirante aviatrice n’apprécie pas à sa juste valeur l’instant présent. Pourquoi ?


Au milieu de la course descendante de l’objet tombant identifié (O.T.I.), l’alarme de ma montre se déclenche. Ce signal impératif me remet en mémoire un rendez-vous non conditionnel chez mon ophtalmologiste. Dès le deuxième top, je cesse mes observations.


Je suppose que la course effrénée de l’insectivore s’est terminée dans l’eau mais je ne peux l’affirmer.

Quelques instants plus tard, une masse sombre furtive s’est intercalée entre mes yeux et le soleil. L’ombre projetée ne peut en aucun cas être attribuée à la Taupe. Ce phénomène est sans importance pour les faits relatés.

De retour sur les lieux le lendemain, je n’ai trouvé aucune trace tangible se rapportant au phénomène observé la veille.

Seul, dans le ciel, un rapace faisait le Saint-Esprit…


APPEL A TEMOINS :

 

Je n’ai encore jamais lu ou entendu la description d’un tel comportement. Je souhaite vraiment y voir plus clair. Si vous avez été témoin d’une telle scène, contactez-moi au plus vite.

Il serait très valorisant pour notre belle région que la Taupe de Bairon soit retenue comme référence internationale et soit ainsi élevée au rang de «Taupe-modèle ».


Professeur Talpa de l’Université de Myopus sur Vence – Ardennes.


[1] Surface séparant deux milieux transparents différents c’est-à-dire ici l’interface entre l’air et l’eau (la surface du lac).

[2] Temps Universel Coordonné

[3] Ce dispositif est uniquement disponible actuellement au World Brain Storming de Karlstadt am Maas (Institut Universel Français Mécanogalvanocycloplasmique).


pour les fanes de carottes

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 07:11
Le coin de l'invitée :
Promenons-nous dans les bois par Shi May Mouty


Il était une fois, par un chemin fleuri et bercé de chants d’oiseaux, une fillette qui s’en allait, chantonnant et sautillant. Une petite natte bondissait de chaque côté de sa tête blonde, faisant voleter un ruban rouge vif.
Elle s’était disputée avec les deux amies qui l’accompagnaient chez sa grand-mère. Elle ne savait déjà plus très bien laquelle avait commencé la bagarre en se moquant de son gilet rouge, tricoté par sa maman.
Bien sûr, pas question de se laisser faire. Elle avait aussitôt riposté, fixant Anaïs :
« Des socquettes blanches avec des sandalettes, c’est ringard. »
Alors Mathilde avait tiré sur sa natte, et elle s’était défendue en distribuant des coups de pied bien ajustés. Anaïs avait hurlé et était repartie en pleurant vers le village. Mathilde l’avait suivie, comme d’habitude ! Quelles idiotes !
Ce chemin, elle le connaissait bien, elle l’empruntait souvent avec sa maman, mais cette après-midi, elle y était seule pour la première fois. Et c’était formidable. Pas question de regretter le départ des deux chipies, ni l’absence de sa maman. Elle jubilait même de ne pas entendre les reproches habituels :
« Ne cours pas comme ça ! Ne te salis pas ! Tu me saoules avec tes bavardages, tais-toi. »
Comme elle était bien ! Elle souriait de bonheur.
Mamie serait très contente. Elle lui portait un petit panier de fraises  - surtout, ne pas les renverser, ni les écraser - le journal de la veille et un gros bouquet de marguerites qu’elle avait cueilli elle-même et qu’elle tenait comme un trésor très précieux.
Mamie aurait-elle préparé un gâteau au chocolat ? Elle en mangerait une grosse part, augmentée de celle d’Anaïs et de Mathilde. Cette journée promettait vraiment d’être magnifique.
Une bise fraîche agitait les branches. Les feuilles bruissaient doucement. Les arbres semblaient respirer d’un souffle léger. Le soleil tamisé dessinait des tâches de lumière dorée sur le sol. Elle sautillait à cloche-pied sur une marelle imaginaire, juste évoquée par quelques pierres du chemin.
Un merle siffla, elle voulut l’imiter. Un geai se moqua d’elle et s’envola dans un éclat bleu. Elle continua son chemin, chantant, dansant. Comme elle s’amusait bien ! Elle était une princesse au bal du roi.
Soudain un lourd nuage vint masquer le soleil. Le vent se fit plus âpre. L’herbe ondula, se courba. La fillette entendit des grincements, des gémissements dans les fourrés. Les branches tordues, agitées par des bourrasques brutales la chassaient, la menaçaient. Elle vit un visage grimaçant sculpté dans l’écorce d’un vieux chêne. Des feuilles sèches, des brindilles volèrent autour d’elle, la cernant dans leur ronde désordonnée. Les oiseaux ne chantaient plus.
Elle marcha plus vite, puis courut, serrant les fleurs, le journal et le panier de fraises contre sa poitrine. Elle entendait des craquements derrière elle. Elle n’osait pas se retourner. Elle était sûre qu’un loup, un loup énorme, aux yeux fous, aux babines rouges retroussées sur des crocs immenses, la poursuivait. Il n’y avait aucun doute, elle allait être dévorée toute crue :
«  Maman, Papa ! » hurla-t-elle.
Elle trébucha, manqua de s’étaler sur le sol rugueux. Elle lâcha les marguerites, mais se cramponna au panier de fraises. Le journal s’envola. Désespérée, elle courut dans tous les sens pour en rattraper les feuillets. Elle se mit à pleurer, et les épaules secouées par des sanglots bruyants, reprit sa course, aveuglée par les larmes. Brutalement, elle se cogna contre un obstacle monumental :
«  - Holà, petite ! Arrête-toi ! Où cours-tu comme ça ? »
Elle leva la tête, essuya son nez et ses yeux sur sa manche. Un homme terrifiant, aux longues mèches noires hérissées, se dressait devant elle. Il portait un sac à dos :
« Un ogre ! Un ogre ! Il va m’emporter dans son sac, me découper en morceaux et me mettre au saloir. »
Elle essaya de fuir, mais l’ogre la saisit par le bras :
« Qu’est-ce que tu as ? Tu as peur de moi ? Tu me connais, pourtant. Jean-Lou, le fils du boucher.
- Loup ! Un loup ! » hurla-t-elle encore plus fort. Elle se débattit, se dégagea et fila aussi vite que possible, abandonnant les fraises renversées dans l’herbe et le journal froissé.
Elle courut, courut, et enfin se jeta dans les bras de sa grand-mère qui l’attendait, assise sur un banc du jardin. Hoquetant de sanglots, elle essaya d’expliquer son affreuse aventure.
Pauvre grand-mère, elle n’y comprenait rien, ne saisissait que quelques mots : un loup, des fraises, un journal, un ogre, Anaïs et Mathilde…
La grand-mère consola la fillette, qui s’apaisa. Un sourire revint sur les lèvres enfantines. Mais soudain, elle cria apeurée :
« Mamie, l’ogre, le loup, le voilà ! Il va nous dévorer toutes les deux !
- Tiens, Jean-Lou, te revoilà revenu en vacances chez tes parents. Mais qu’est-ce que tu m’apportes ?
- Bonjour, madame. Des fraises, des marguerites, un journal. J’ai trouvé tout cela au bord du chemin, abandonné par une petite fille peureuse.
- Mais regarde, petite sotte. C’est Jean-Lou, tu le connais. Il habite au village, et sa maman te donne toujours une rondelle de saucisson quand tu fais les courses avec moi. Maintenant, rentrons, l’orage menace. Jean-Lou, viens manger un morceau de gâteau avec nous. »
Petit coup d’œil furtif vers le grand gaillard souriant. Malgré ses drôles de cheveux, il n’avait pas l’air méchant, et ses dents étaient bien ordinaires. Le goûter fut savoureux…
Des années plus tard… il furent heureux et eurent beaucoup d’enfants…
Ensemble ?…
Qui sait ?

***

Quand Harry rencontre Sally, version conte de fées... pour les fanes de carottes.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 07:37
Dans le cadre des fanesdecarottes,

Vigueur et jeunesse

 

Je les voyais venir avec leur Cadillac, leur Mercédès ou leurs bagouzes. Tous avec les mêmes mots à la bouche. Vigueur et jeunesse.
Ils l’avaient brûlée leur jeunesse, ils avaient grillé leurs cartouches, tout occupés à engranger, amasser. Et une fois riches et décatis, ils se retrouvaient face à moi, exigeant que je fasse des miracles pour eux contre de la monnaie. Non, pas de la sonnante, non, non, pas pour quelques pièces. Une pleine valise de billets froufroutants, parfois deux.
J’ai toujours refusé, longuement refusé, longuement fait mine d’hésiter avant de céder. Plaisir sadique. J’en ai regardé certains s’agenouiller à mes pieds. D’autres ont pleuré.
Mais quand je cédais, ce n’était pas sans poser mes conditions. Ces gens-là savaient négocier, il fallait parler leur langage, et là, j’étais en position de force. Le deal était simple, ils ne paieraient qu’après avoir réuni tous les ingrédients. Et ils étaient bien obligés d’accepter.
Ma fille, aujourd’hui, je suis sur le déclin, même si je semble encore jeune. De tous mes enfants, tu es la seule à avoir vraiment la tête sur les épaules. C’est donc à toi que je vais confier ma recette infaillible.
Les ingrédients sont trois poils pubiens d’un bébé nouveau-né, le rostre d’un escargot mâle, 5 mg de bave d’un crapaud séché, une plume caudale blanche d’une espèce de gros pigeon le Raphus Cucullatus, un pétale d’Edelweiss rose, une écaille de serpent à plume. Insiste bien sur le fait que la préparation nécessite un coup de main très pointu ainsi qu’un ingrédient secret en ta possession afin de garantir que la recette reste tienne.
Surtout, et ça c’est très important, précise qu’ils doivent eux-mêmes collecter ces éléments. Pas un de leurs sous-fifres, mais bien eux-mêmes. Courir après tout ça leur fera respirer le grand air, un bon début quand on recherche la jeunesse.
Mais avant de leur révéler cette liste, fais-les encore mariner un peu, en signalant qu’elle ne peut être révélée qu’en des conditions particulières. Un jour de pleine lune ou au milieu d’un marécage infesté de moustiques… je te laisse faire selon ton inspiration du jour. C’est toujours jouissif de les voir grelotter au milieu de la nuit ou se faire dévorer au milieu de nulle part.
Ha ! il fallait voir leur fierté d’avoir obtenu de moi cette liste d’ingrédients. Comme s’ils étaient les premiers à venir ! Avec un peu de jugeote, ils auraient pu se rendre compte que je vivais toujours dans ma baraque à quatre sous.
Ma fille, pour ce qui est de ma propre jeunesse apparente, et tout le reste, les pommades et onguents, tu les trouveras dans ce carnet. Il est codé, mais je te donnerai bientôt la clef pour le comprendre, même si en vérité, il n’y a là rien de mystérieux, juste de la sagesse, des recettes de grand-mères oubliées, de la médecine chinoise… Pousse des cheveux, rhumatismes… Emploie-les pour soigner ceux qui le méritent. C’est un conseil et un ordre que je te donne, le même que m’avait donné ma mère et sa mère avant elle : fais payer un juste prix. Demande peu à celui qui espère peu, demande l’impossible à celui qui réclame un miracle.

***
une recette du grimoire aux enchantements
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 07:32
Dans le cadre des fanesdecarottes,

Mélancolie en sous-sol

 

Dans la froideur d’une crypte, un néon clignote, épileptique. C’est le cri angoissé d’une lente agonie : ne m’oubliez pas, changez-moi !

Sa lueur syncopée estompe par intermittence l’obscurité et permet d’entrevoir un pilier mal dégrossi dont la peinture s’écaille. Ils sont plusieurs, là, alignés sur un schéma qui se répète à l’infini dans la lumière blafarde d’autres néons. Sol et plafond, de la grisaille, encore. Ponctuellement, une forme de couleur. Dans le grand parking souterrain, vide de toute présence humaine, l’appel muet, désespéré, reste vain.

Le silence de tombe se laisse cependant distraire quelques instants. Assez longtemps pour que des bruits furtifs et lointains en profitent. Ils s’engouffrent dans cette brèche et y prennent leurs aises. Ils se rapprochent, augmentent en intensité et se précisent.

Ses pas résonnent sur le béton gris. Elle marche. Ses cuisses cintrées dans une jupe descendant sous le genou l’obligent à faire des petits pas rapides. Ses talons claquent dans une démarche d’automate, mais son esprit vagabonde. Là sans y être.

Un jour de plus dans sa tête et dans son corps. Un de plus. Pour une fois, et pour changer un peu, ce n’est pas un jour d’asociabilité intense, où elle a envie de disparaître, cesser d’exister face au reste du monde. Ce n’est pas non plus un jour d’irritabilité incontrôlée, où elle songe juste à fuir pour ne pas en arriver à brutalement repousser l’autre et ses questions, comme des parasites. C’est juste un autre de ces jours de grand vide. Solitude profonde, et mélancolie. Un jour à avoir envie de parler, envie d’une présence et de réconfort, mais où, pour rien au monde, elle n’appellerait un ami. Un de ces jours. Un de plus.

Ses yeux vides errent à la recherche d’indications pour se repérer tandis que son esprit rumine l’absence pesante de celui qui a subi la tempête d’un de ses récents jours noirs. Comment réparer le mal qu’elle a fait ?

Son regard se pose sans y prêter attention sur un scintillement tandis que ses jambes poursuivent leur progression mécanique. Flexion, extension.

Au loin un son métallique, soudain, la ramène au monde réel, la faisant frissonner. Elle prend enfin conscience de cette trace lumineuse intermittente : le reflet d’un néon défaillant sur une flaque couleur de rubis. S’en détache une traînée rouge dont la linéarité parfaite s’interrompt sur une masse sombre.

Ses bras se resserrent sur son ventre. Sa main droite agrippe la lanière du sac à main passée sur son épaule gauche. Elle se crispe.

Et pourtant, au lieu de crier ou de fuir, poussée par une force incontrôlable, elle avance pour mieux distinguer cet amas. Cette forme incongrue. Ce corps, la tête étrangement rejetée en arrière. La carotide tranchée.

Un mouvement. Ou une ombre. L’a-t-elle imaginé ?

Et ce souffle qu’elle sent sur sa nuque, cette respiration.

*****

En réponse à l'appel terrifié "Terreurs et horreurs"

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 07:15

Le coin de l'invitée :

Puits de souvenirs par Shi May Mouty


Un maigre chignon gris maintenu par un hérisson d’épingles, un visage quadrillé d’un réseau de rides profondes, des yeux bleus très doux, quelques dents encore pour le sourire, une silhouette menue, voûtée, vêtue quelle que soit la saison d’une blouse sombre cachée sous un grand tablier, c’était la Mélie. Personne ne se souvenait plus de son prénom exact. Elle était si vieille, au moins aussi vieille que le village, pensions-nous.
Nous, les enfants, l’aimions bien, et souvent nous l’accompagnions dans son jardin. Là, nous étions fiers de l’aider à arracher quelques herbes, cueillir des fleurs pour le cimetière, ou récolter des légumes. Nous portions son panier d’osier, poussions sa brouette. En remerciements, elle nous offrait des fraises, des framboises, arrachait quelques radis roses qu’elle essuyait à un coin de son tablier, coupait des feuilles d’oseille qui nous picotaient la langue. Nous savourions ces cadeaux comme des friandises exceptionnelles.
Revenant à sa maison, nous rangions avec elle les légumes dans sa remise encombrée de vieux outils agricoles. On s’y attardait quelques instants devant les cages à lapins, passant à travers le grillage des brins d’herbe grignotés aussitôt par une nichée de petites boules douces au nez frémissant.
Puis la Mélie nous faisait entrer dans sa cuisine à peine éclairée. « Je me lève et me couche avec le soleil, comme ça j’économise l’électrique » nous disait-elle. Devant le grand buffet aux portes sculptées de bouquets de fleurs, nous attendions notre récompense : un bonbon ramolli, bien collant, que nous choisissions avec soin dans une boîte en fer-blanc.
Alors la Mélie s’asseyait sur un banc, à côté de la cheminée, où elle entretenait, été comme hiver, un feu parcimonieux. Souvent, une soupe aux légumes y bouillottait ; toujours la cafetière s’y réchauffait doucement. La Mélie nous parlait « du temps jadis », le temps où son mari, le Monmond (Edmond pour l’état civil), vivait encore.
« On était jeunes, nous disait-elle, n’avait pas beaucoup d’argent. Pas assez pour acheter un cheval pour travailler aux champs. Alors on a acheté une bourrique. » Ah ! la bourrique à Monmond ! Une légende dans toute la contrée. Une bête au sale caractère qui obéissait parfois, n’en faisait qu’à sa tête le reste du temps.
« Voilà pas qu’un jour, elle s’est sauvée d’son écurie, cavalant dans la grand’ rue, ruant dès qu’on l’approchait. Elle a filé par les jardins, broutant un chou par ci, une salade par là, piétinant les semis. Quel désastre ! Et vot’ grand père était furieux quand l’a vu son jardin. Et le Monmond qui courait derrière sa bourrique. L’essayait de l’attraper sans prendre un coup d’sabot. Rendez-vous compte, les petits, eul’ Monmond, l’a réussi à la rattraper qu’en début d’soirée. J’ai eu si peur… » Sa voix en tremblait encore. « J’ai cru qu’cette carne allait l’tuer, mon Monmond. »
Nous apprécions toujours cet épisode célèbre de l’histoire du village. Nos grands-parents qui avaient vécu l’événement en parlaient eux aussi. C’était l’un des récits rituels des jours de fête qui réunissaient la famille pour un bon repas. Un récit qui en faisait rire certains, et grogner d’autres. « L’Edmond, i’n’savait point s’occuper de sa bourrique, surtout quand l’avait bu un coup d’trop. La Mélie n’a pas toujours eu du bon temps avec lui » soupirait la grand-mère.
Certains jours, le Mélie nous parlait de leur travail à cette époque.
« On n’avait pas d’biens, not’ lopin de terre était trop petit pour nous faire vivre. Alors, on d’vait travailler chez les autres pour avoir quéqu’sous. Monmond faisait les foins, la moisson et l’battage en hiver. Y s’embauchait aussi pour eul’sarclage des betteraves. Des jours et des jours, baissés ver’eul sol. Les hommes buvaient quéqu’chopines pour s’donner du cœur au ventre et oublier l’mal de dos. »
Nous, enfants d’une époque où les rues du village résonnaient du passage des tracteurs, et habitués aux moissonneuses-batteuses, et aux désherbants chimiques, nous l’écoutions, ébahis, comme si elle nous avait parlé de Vercingétorix et de nos ancêtres les Gaulois.
« J’faisais des ménages, des lessives au lavoir. Il n’y avait pas d’machines à laver, vous savez. En automne, c’était la récolte des canadas, les pommes de terre. On les ramassait à la main et ensuite on devait les trier pour retirer les cafuts, les abîmées, et les trop petites, la mitraille juste bonne pour les gorets. Il fallait aussi s’occuper des poules, des lapins, des cochons… j’aidais à traire les vaches. »
Et elle pouvait continuer ainsi longtemps. Mais toujours revenait cette phrase : « Et vous, les petits, j’espère que vous aidez vot’ maman. Elle a aussi beaucoup d’travail. Si vous n’êtes pas sages, les pipivenvents viendront vous punir. » Les pipivenvents, l’une des légendes du pays. Ce sont de méchants lutins qui aiment jouer des tours aux pauvres gens. Ils égarent les voyageurs. Ils volent et cachent les outils. « La nuit, pendant vot’sommeil, i feront des nœuds avec les lacets d’vos chaussures. I saliront vos livres d’école et vos cahiers. Méfiez-vous des pipivenvents et du père fouettard ! »
Ces jours-là, la bouche sucrée, les doigts collants, nous repartions de chez la Mélie un peu inquiets. Une fois chez nous, nous interrogions notre mère, qui alors nous souriait.

***
retour aux sources pour les fanes de carottes
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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 07:38

Sur cette tête d'épingle bleu outre-mer,
Planète infime, gigantesque vaisseau astral,
Que l'on nomme plus communément la Terre,
Je navigue dans l'espace intersidéral.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 07:47

Réalisation pour les fanes de carottes d'un port-folio sur le thème apocalyptique :

Civilisation disparue

 

(à cliquer pour voir en plus grand)


Déchet01

 

Déchet02

Dechet09.JPG


Déchet10
Déchet03
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Déchet05

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Déchet12

 

Déchet07

 

Déchet08

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 07:17
Dans le cadre des fanes de carottes,

On nous regarde - Partie 3

oeil rectangulaire perché
11OeilRectangulairePerchéoeil d'araignée
12OeilDAraignéeoeil au beurre noir
13OeilAuBeurreNoirfermer les yeux
14FermerLesYeux
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