Ce roman de science-fiction met en scène plusieurs personnages en des lieux différents, avec des histoires très différentes, des passés différents sur une planète Terre gangrainée par la
pollution. Par petites touches, petits extraits de publicités ou de programmes télévisiés, tranches de vies des uns et des autres essentiellement au travers des Etats-Unis mais également en
Amérique Latine, on découvre l'étendue du désastre. Enormément de gens ont des maldies. De plus en plus d'insectes et de parasites résistent aux produits chimiques.
Un groupe activiste s'est créé en employant les idées d'Austin Train, et en les radicalisant. Ils se nomment les Trainites. Mais Austin Train lui-même ne se reconnait pas dans ce mouvement devenu
souvent violent : en plus de slogans écrits un peu partout, les activistes bloquent la circulation dans les grandes villes et s'en prennent aux automobilistes. Certains cependant conservent une
action pacifiste et vivent loin de tout dans des communautés qui cultivent leur propre alimentation, les Vats.
Mais au fil des pages, on constate que l'on suit la trace de quelques personnages. Par exemple, Peg, une jeune femme qui essaye de comprendre pourquoi l'un de ses amis est mort, Austin Train
lui-même, ou encore le président d'une grande société commerciale le Trust Bamberley.
Et la situation évolue en s'empirant : catastrophes naturelles (par exemple, un bang supersonique d'avion qui engendre une avalanche qui ensevelit une partie d'une station de ski), problèmes
écologiques et sanitaires, épidémies, famines, empoisonnement... et la mort qui se répend.
Ce livre est assez difficile à lire du fait de la manière dont il est construit qui est assez destructurée. La seule linéarité est le temps, mais l'auteur passe très souvent d'un lieu à l'autre.
Dans un premier temps, on est perdu dans tous ces personnages. Mais en s'accrochant, on arrive à trouver des repères, à saisir l'intérêt de certains encarts.
C'est un livre qui mérite une seconde relecture, une fois les personnages en place, afin de voir mieux la manière dont l'auteur déroule son scénario, passant d'un événement à l'autre, et pour
mieux saisir certains liens de cause à effet entre deux paragraphes éloignés.
Mais il est également assez rude du fait des atrocités racontées. Il dénonce les risques de la passivité face aux problèmes écologiques et sanitaires qui peuvent se déclarer du fait de la bêtise
humaine. L'enchainement de multiples causes et situations, l'aveuglement de la population, les mensonges des dirigeants et des industriels sont une machine infernale qui entraine ce troupeau
aveugle vers la catastrophe.
Il faut le lire en gardant en tête qu'il a été rédigé dans les années 70, il y a 30 ans. Et le lire en observant notre société, en gardant les oreilles ouvertes sur l'actualité dans lesquelles on
trouve de nombreux échos de cette lecture, les accords de Kyoto, les crédits-carbone, le choléra au Zimbabwé, les OGM, les alter-mondialistes...
Malgré les difficultés de lecture que j'ai signalé, c'est véritablement un livre qui mérite d'être lu.