Des livres, des films, des photos, des dessins, des nouvelles, et même un peu de cuisine et de musique... avec de la science-fiction.
C’est un objet de forme étrange, à moitié enfoncé dans le sol qui a fait obstacle à mon pied. Ce n’est pas un rocher, la matière est tout autre. Je n’en vois dépasser qu’une grosse pointe
arrondie.
Une étrange sensation de déjà vu s’empare de moi et me décide à creuser le sol meuble pour dégager l’objet.
Petit à petit, il apparaît devant moi. Un rouage. Un rouage comme celui qui avait cassé dans mon entreprise.
Oubliant l’endroit où je me trouve, et le danger qui peut surgir à tout instant, je finis, de manière frénétique, de le dégager. Puis, j’estime son diamètre. Il correspond à celui dont nous
avions besoin. C’est notre engrenage. Intact !
Un grand sentiment de découragement et de solitude s’empare de moi. Tout ça ne m’aide guère, au milieu de cet environnement étrange. Et en tout cas, ça ne se mange pas. Je décide quand même de le
conserver avec moi, comme artefact de mon ancienne vie, dans l’éventualité où je survivrais. Et accessoirement comme arme si nécessaire, pour augmenter mes chances de survie.
Puis je retourne à l’amas rocheux. En l’observant un peu mieux, je constate que je peux atteindre une plateforme qui se trouve très haut sur la paroi d’un bloc abrupt. Je m’y installe comme je
peux et observe la lente descente de l’astre local sur l’horizon, embrasant le ciel de pourpre.
Assis sur cette saillie rocheuse, j’espère passer la nuit sans me faire dévorer par je-ne-sais-quel animal resté tapi dans la végétation ou la grotte durant la journée. Il faudrait être un
véritable acrobate pour venir grimper ici. Je ferme les yeux, partiellement rassuré. Puis je songe à mon chat, que j’ai retrouvé un jour perché sur mon armoire. Oh… misère… Je décide de ne pas
m’endormir, et je serre le rouage, à m’en faire mal aux articulations, pour me défendre en cas de nécessité.
Une sensation de gêne et un bruit qui ressemble à un miaulement me tirent de mon sommeil. Dans ma semi-conscience, je me gratte le nez. Alors ma main rencontre un pelage. J’ouvre brutalement les
yeux en me recroquevillant dans un mouvement brusque. Il faut quelques secondes pour que mon cerveau terrifié constate que ma chambre est revenue à sa place. Le radio-réveil me nargue de son
affichage rouge : 5h30. Mimi, après s’être sauvée du lit à cause de mes mouvements brusques, revient sur la couverture et me regarde d’un œil interrogatif. Sur mon oreiller, à côté de moi,
quelque chose de froid. Un rouage. LE rouage.