Des livres, des films, des photos, des dessins, des nouvelles, et même un peu de cuisine et de musique... avec de la science-fiction.
Texte créé pour les fanes de carottes, le blogzine de (science) fiction :
L'envahie
Partie 1 : observation
14 novembre 2006
C’était le matin, et j’étais en train d’ouvrir mes volets quand j’ai vu un vaisseau spatial se poser dans mon jardin. Je
me suis pincée pour savoir si je rêvais, puis je suis allée me recoucher. Je devais être surmenée…
Je ne sais pas comment ils se sont introduits dans la maison. Tout était fermé.
Ils étaient deux.
Je les ai retrouvés plantés dans la cuisine au moment où j’ai voulu descendre pour boire un café. Dans un instant de panique, je me suis précipitée dehors, en robe de chambre. Plus tard, quand je
me suis enfin décidée à rentrer, j’ai constaté qu’ils étaient encore là, au même endroit.
Depuis une semaine qu’ils sont là, ils n’ont pas bougé. Au début, je n’ai pas su quoi faire. J’ai totalement évité
d’entrer dans la cuisine, mangeant au restaurant, ou commandant des plats par téléphone. En cas de visite, prétextant une fuite d’eau, je me suis arrangée pour empêcher quiconque d’y entrer.
Porte close !
J’étais terrifiée. Pouvais-je encore aller dans ma cuisine sans me faire attaquer ? J’aurais pu me faire électrocuter, ébouillanter, dépecer, frire, ou même transformer en pop-corn ! J’aurais pu
me faire irradier par un rayon mortel, téléporter à l’autre bout de la galaxie, ou encore changer en souris verte !
Comment cohabiter avec des extra-terrestres immobiles et silencieux, installés au beau milieu de la cuisine, sans même connaître leurs intentions ? Comment en parler à quiconque sans passer pour
folle ?
Malgré ma frayeur, j’ai décidé de garder le secret, mais de tout écrire dans ce journal. Ainsi, si je dois disparaître, il restera une trace de ce qui s’est passé ici. Et s'ils se révèlent
pacifiques, ceci sera un cahier d’observation.
25 Novembre 2006
Aujourd’hui, la curiosité a été la plus forte, et j’ai entrebâillé la porte.
Ils étaient toujours là. Comme statufiés.
30 Novembre 2006
Cette semaine, pendant un jour chômé, je suis restée un long moment dans l’encadrement de la porte à
les observer. Plus tard, toujours à distance respectueuse, j’ai essayé de communiquer avec eux. Mais ce n’est pas facile de faire la conversation à des statues muettes venues d’une autre planète.
Par contre, j’ai pu les détailler tout à loisir, de haut en bas.
Ils s’étaient installés côte à côte, et je dirais presque dos à dos. Ils ressemblaient à un amalgame de plante verte, d’arbre et de robot. Mais je ne voyais ni yeux, ni oreilles. Pas de jambes
non plus.
à suivre...