Still life est un film chinois de Jia Zhang Ke. Parfois l'ambiance est dans la salle. J'ai eu l'occasion de voir un film avec un gars en train de ronfler qq rngs plus loin, ou suite à un problème technique avec l'appareil de projecton improvisé en fond de salle avec du matériel mobile. Mais cette fois, calme plat. Tellement plat que j'étais seule dans la salle. En même temps, il faisait beau, l'après midi en week end... voir un film chinois en VO sous-titrée, y'a plus palpitant dans ces circonstances. J'éteins quand même la sonnerie de mon téléphone lorsque le générique commence.
D'ailleurs, pendant ce générique, on assiste à un long travelling sur des gens assis dans un bateau. Ils discutent, jouent au carte. L'image s'arrête finallement sur un homme assis seul. Il est loin d'être le Brad Pitt chinois. Son air abattu et son marcel blanc n'arrangent rien au tableau. Cet homme est Han Sanming. Il vient du Shanxi, et arrive enfin au bout de son voyage, la ville de Fengjie. Elle se trouve dans une vallée, dans la zone où se construit le barrage des trois gorges. Il a fait tout ce trajet pour retrouver sa femme et sa fille après 16 ans sans nouvelles. Il a pour seule indication pour les etrouver une adresse d'il y a 16 ans. Maintenant, le quartier en question est sous l'eau suite à l'innondation de la vallée. Il cherche alors d'autres points de repère, des membres de la famille de sa femme.
Destins croisés, le film se dédouble pendant un moment pour suivre une femme, Shen Hong, qui recherche son époux qui l'a laissée depuis deux ans.
Plongée en Chine, la Chine humide et brumeuse de la région du barrage des 3 gorges. La Chine qui déplace ses populations et démolit des villes entières à la force des bras des hommes dont on noie la vallée. C'est aussi la Chine où l'on te force à regarder un spéctacle et t'oblige à payer ta place ensuite. Chine du contraste entre les ouvriers vivant de pas grand'chose et d'autres vivant dans le luxe.
Le film se sépare comme un roman, en chapitres : cigarettes, vin, thé, bonbons. C'est en VO, c'est assez lent, une atmosphère est plapable, la lenteur va bien avec ce film. Un voyage bien dépaysant.
@BMR&MAM : Ahhhh, les noms ne sont donc pas choisis uniquement à cause de l'apparition de l'élément dans le passage en question. Information intéressante.@Malaurie : d'une certaine façon, un peu, vu que c'est très réaliste. En même temps, ça reste une fiction.
J'avais lu qq part que les chapitres du film (clopes, vin, thé, ...) étaient rythmés par les "cadeaux" que l'on est supposé apporter quand on rend visite à quelqu'un ...
@ekwe et agmk : Oui, ça change beaucoup d'autres choses que j'ai pu voir, mais c'est un très beau voyage à faire assis dans le noir.@cathe : je vais aller voir ce que tu en dis.
Comme toi, j'ai beaucoup aimé. Certes c'est lent et un peu déconcertant au début, mais l'histoire est très belle et la manière de filmer magnifique. Je vais mettre ton article en lien sur mon blog.