Avec un titre pareil, ce roman parle forcément de livres. Et il en parle ! Il parle de la manière originale dont des livres arrivent à un viel homme en pleine forêt
amazonnienne.
"- [...] je t'ai apporté deux livres.
Les yeux du vieux s'allumèrent.
- D'amour ?
Antonio José Bolivar Proaño lisait des romans d'amour et le dentiste le ravitaillait en livres à chacun de ses passages.
- Ils sont tristes ? demandait le vieux ?
- A pleurer, certifiait le dentiste.
- Avec des gens qui s'aiment pour de bon ?
- Comme personne ne s'est jamais aimé.
- Et qui souffrent beaucoup ?
- J'ai bien cru que je ne pourrais pas le supporter.
A vrai dire, le docteur Rubicondo Loachamin ne lisait pas les romans.
Quand le vieux lui avait demandé de lui rendre ce service, en lui indiquant clairement ses préférences pour les souffrances, les amours désespérées et les fins
heureuses, le dentiste avait senti que la tâche serait rude. "