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Des livres, des films, des photos, des dessins, des nouvelles, et même un peu de cuisine et de musique... avec de la science-fiction.

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Quand les robots s'expriment comme l'homme

(réalisé pour les fanes de carottes)

Robots

 

III - Robots et apparence humaine :


Quand les robots s'expriment comme l'homme

III.3 : parole


Pour parfaire leur apparence humaine, lorsqu'on a déjà donné au robot la capacité de reconnaître son environnement, de s'y déplacer de manière autonome, de réagir à des stimulus, la marche bipède, une peau et un visage humain, il manque encore la capacité d'interagir avec l'homme. Pour cela, il lui faut comprendre et répondre. Dans la version muette du films « Metropolis » par Fritz Lang (1927) [1], le robot aux traits de Maria, est totalement capable de communiquer avec les autres. C'est d'ailleurs son but, car il doit discréditer la femme qu'il remplace en tenant des discours opposés à ceux que son double a usuellement.

 

On voit de plus en plus sur Internet des bots conversationnels, petit logiciels qui répondent par écrit aux questions de clients, ou simplement tiennent une conversation. Mais ce type de bot fonctionne simplement par reconnaissance de mots clefs dans la phrase que son interlocuteur lui soumet.

La compréhension que doivent mettre en œuvre les robots est plus complexe car elle passe par l'oral et le déchiffrement des gestes. Les mots clefs doivent être identifiés dans une phrase prononcée par une personne articulant plus ou moins bien, et avec une voix grave ou aiguë…

 

La synthèse vocale n'est pas une nouveauté, car dès 1970 les premiers robots interactifs parlent et saluent le public. Mais il faut attendre 1990 pour qu'ils acquièrent la perception sensorielle leur permettant d'envisager de répondre. Et c'est récemment que l'interaction passant par la compréhension de ce qui est émis par l'interlocuteur a pu être mise en œuvre. C'est en effet un domaine très complexe, utilisant des formules mathématiques sophistiquées.

Le robot d'apparence humaine ReplieeQ1 [2], développé par l'« Intelligent Robotic Laboratory » l'Université d'Osaka et en plus de mouvements identiques à DER2 [3], peut comprendre un certain nombre de notions et y répondre (voir la vidéo [4]). Ce robot est destiné à tenir des conférences, servir de guide, ou répondre à des requêtes simples. La voix qui franchit l'émetteur de sons est synthétisée par l'ordinateur. Elle n'est pas articulée.

 

Or dès le 17ème siècle, il existait des robots capables de parler en utilisant les mêmes organes que les humains. Le Baron Von Kempelen [5] fut par exemple l'auteur de plusieurs machines "parlantes". Il expliqua le fonctionnement de l'une d'elles dans son ouvrage "Mechanismus der Menschlichen Sprache" (Mécanisme de la parole humaine). Beaucoup plus récemment, en 1999, des scientifiques en robotique de l'équipe de Kazufumi Nishikaw de l'Université Waseda au Japon ont repris ces idées en les modernisant quelque peu. Ils ont donc développé un prototype qui se nomme Waseda Talker [6] [7] possédant lui aussi tout les éléments pour articuler des mots (langue, dent, lèvres, palais) ainsi que ceux pour les émettre (corde vocale et poumons). Les poumons sont ici mécaniques, et fonctionnent comme des pistons. Les cordes vocales et la glotte permettent là encore de faire varier la hauteur du son (grave ou aigu). Les dimensions sont légèrement plus grande que les organes humains (facteur 1,2 à 1,3). Toutefois, bien que les fréquences reproduites pour les voyelles soient proches de celles de l'homme, la voix ne paraît pas naturelle. Depuis, ils ont fait évoluer le système et ont présenté en 2007 la version 7 [8] qui, depuis la version 4 [9], est de plus équipée d'une sorte de masque de manière à être plus anthropomorphe.

Une autre équipe, cette fois à l'Université des Sciences de Tokyo, a également récemment développé un robot dont la bouche articulée effectue des mouvements avec sa langue en silicium et sa mâchoire pour reproduire des sons [10]. Il est capable de reproduire le son des voyelles.

Mais ces systèmes nécessitent encore des perfectionnements car les sons obtenus restent imprécis, et l'émission des consonnes reste encore à développer pour en arriver à l'équivalent de la tête parlante imaginée en 1984 par William Gibson dans le « Neuromancien ». Cette tête mécanique est reliée à un terminal d'ordinateur. Sa voix n'est pas de synthèse, mais bel et bien, comme pour ces deux robots développés par les asiatiques, d'origine mécanique : « un bel arrangement d'engrenages et de tuyaux d'orgues ». Sa voix est qualifiée de « mélodieuse et inhumaine ». Aaah, la petite voix métallique souvent attribuée aux robots...

 

Toutes ces tentatives pour rendre les robots similaires aux hommes peuvent soulever quelques questions. Il est effectivement utile de rendre l'aspect des robots le plus avenant possible si l'on doit les rencontrer au jour le jour dans la rue ou chez soi. Mais si l'on se place dans un avenir futuriste, cela ne peut-il pas mener à des situations périlleuses comme celles envisagées par la Science-Fiction ? Ainsi, les replicants imaginés par P. K. Dick dans « Blade Runner » et les cylons, robots humanoïdes de la série TV « Battlestar Galactica », ont les capacités de décision, l'autonomie et tous les éléments physiques cités jusqu'ici : une peau, la capacité de s'exprimer et une apparence complètement humaine. Tout ceci les rend physiquement indiscernables d'un humain. Et c'est justement ce qui, dans les relations qui les lient aux humains, leur permettent de s'insérer dans la société humaine… Reste un dernier point cependant : les émotions et la conscience.

 

(réalisé pour les fanes de carottes et rédigé en collaboration avec llo)


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